Lundi 11 septembre / Banyuls – Sète
Nous avons fait une longue navigation pour traverser le golfe du Lion, de Banyuls à Sète, en ligne directe (7h00 à 17h00). La mer était belle et le vent bien axé. En cours de route, nous avons retrouvé nos passagères clandestines des longues traversées, des libellules qui se sont accrochées comme elles pouvaient sur le patara et la bôme. Nous n’avons pas vu de dauphins, mais de gros poissons qui sautaient à la surface de l’eau, peut-être des thons? Nous avons croisé des palettes de bois à la dérive, en surface et que nous n’avons heureusement pas heurtées. Nous avons aussi croisé des pêcheurs trainant leurs filets, dans tous les sens et sans faire attention aux autres bateaux. Nous connaissons le port de Sète pour y être venus plusieurs fois. Nous avons trouvé seuls l’emplacement

















Mercredi 13 septembre / Sète – La Ciotat
Départ à 7h00 du matin. Cap à l’est maintenant. Dès notre sortie du port, une houle désagréable nous attendait (contrairement aux prévisions météo). Le soleil s’est levé et a éclairé la colline de Sète dans notre dos.
Plus loin, nous avons longé le delta du Rhône. La Camargue est très basse sur l’eau, signalée par un trait fin à l’horizon. Quand nous nous sommes rapprochés de Marseille les infrastructures de Fos et l’étang de Berre ont modifié le paysage. A ce niveau, nous avons croisé cinq remorqueurs, groupés autour d’une éolienne flottante, côté mer (Projet PGL Provence Grand Large), en cours d’installation sur site à 100 m de profondeur d’eau.
Ensuite nous avons passé Marseille et la côte est devenue montagneuse, rocheuse, sèche. Nous avons dû éviter un bateau de pêche qui nous aurait percutés, si nous n’avions pas changé de route… Plusieurs cargos et paquebots sont passés très près aussi, mais sans collision of course!
Juste après Marseille, nous sommes passés à l’abri de l’île Riou, par un passage suffisamment profond et assez étroit, qu’Emile connaissait déjà. Nous avons apprécié le court moment de calme. Nous aurions pu mouiller à cet endroit, s’il n’avait pas été interdit de jeter l’ancre dans les calanques. Le soleil s’est couché derrière l’île Riou, juste après notre passage et le ciel s’est peint de rouge. On apercevait le Bec de l’Aigle de la Ciotat, devant nous. La nuit nous a cueillis à hauteur de Cassis, avant que nous l’atteignions. Heureusement nous avons pu suivre notre tracé d’avril dernier sur la carto, pour passer entre les rochers, à la base du cap, tourner vers le nord et déboucher devant La Ciotat et ses lumières.
A l’issue des quatorze heures de route à se faire chahuter d’un bout à l’autre, nous sommes entrés dans le port un peu avant dix heures du soir. Des passants ont aimablement attrapé nos amarres, en l’absence du personnel du port. Nous nous sommes débrouillés pour récupérer et installer une pendille. Puis nous avons pu souffler au calme et avec soulagement, car cette place au port avait été confirmée assez tard dans l’après-midi seulement.






















Jeudi 14 septembre / La Ciotat
Farniente puis déjeuner au restaurant « Les Minots ». Un bon plan. La fricassée de « chipirons » (toutes petites pieuvres) et la raie… miam!
Nous avons assisté aux acrobaties d’une trapéziste, suspendue dans le mat d’un bateau proche, tandis que les autres jeunes du bord chantaient. Ils devaient répéter un spectacle, prévu pour le week-end.
Nous sommes allés visiter le jardin botanique, qui se trouve au pied du Bec de l’Aigle. Nous avons passé le chantier et ses méga-yachts en cours de maintenance (belle reconversion*), une petite crique aux eaux transparentes, avec son coin de plage et ses baigneurs. Nous avons traversé le jardin et au fond, nous sommes tombés sur une flèche indiquant « le belvédère ». Le chemin empierré de petits galets ronds et glissants était très pentu. Heureusement une corde tendue sur un côté permettait de s’assurer (surtout pour la descente). A l’arrivée en haut du promontoire, au belvédère, on découvrait une superbe vue plongeante sur la mer, à pic, en contrebas. Un couple de marcheurs parlaient de se rendre à un second belvédère. Je les ai suivis pour voir l’endroit, qui n’était pas fléché. L’embranchement se trouvait plus bas et partait vers l’est. L’accès était un peu stressant, car passant par un éboulis en pente au-dessus du vide. Mais le point de vue à l’arrivée au belvédère était des plus spectaculaires. A droite le Bec de l’Aigle et sa pente arrondie, plongeant dans la mer. En face l’île Verte et la côte, dans le lointain et en bas des petites calanques étroites aux eaux limpides, avec quelques baigneurs et paddles colorés.
Après diner, nous avons entendu de la musique sur le port et nous sommes ressortis, par curiosité. Une foule était amassée devant le grand écran (à poste sur le quai) et qui diffusait un concert de Christophe Maé. La scène se trouvait sur un ponton flottant, un peu plus loin dans le port. Nous sommes restés assister au concert sur les quais, puis depuis les sièges du cockpit d’Heolia, d’où nous avions une vue directe sur le grand écran et le son assorti. Le concert suivant n’étant pas à notre goût, nous sommes allés nous coucher.
Note d’Emile: Aujourd’hui, à la Ciotat, l’entretien des méga-yachts (par Monaco Marine) remplace l’activité très ancienne des chantiers navals, dont l’immense portique et les grandes grues abandonnés sont les témoins. La reconversion ne s’est pas faite de gaité de coeur….

































Vendredi 15 septembre / La Ciotat – Cavalaire
Nouveau départ matinal hier. Au début, le temps était très agréable, la mer belle et bien bleue, le vent dans les voiles…. Mais ça n’a pas duré. Le vent a tourné, s’est renforcé et s’est axé comme les vagues, de face. Les embruns ont rapidement transformé le bateau en « Moody en croute de sel » et notre vitesse a chuté. Mais c’était tout de même moins pénible que la houle de travers. Nous avons suivi la jolie côte, ses calanques, pinèdes et villas de luxe. Nous sommes passés entre le continent et les îles du Levant, sans qu’elle nous offre de protection. Nous avons croisé des tas de voiliers et le gros remorqueur, l’Abeille Méditerranée, nous a doublés pour aller sans doute se positionner en mer, en vue du coup de vent à venir.
A seize heures, nous avons retrouvé Cavalaire. Cette fois, , nous sommes au quai des « gros » à droite en rentrant dans le port. Même là, il ne reste que 80 cm sous la quille. Nous sommes bien calés entre deux yachts à moteur, la pluie et le vent peuvent arriver.






























Samedi 16 septembre / Cavalaire
Le coup de vent prévu par la météo est arrivé. Un vent furieux a soufflé toute la journée. Nous avons une vue directe sur la plage, de l’autre coté du quai. Pas de baigneurs, juste un kite-surfeur qui a eu du mal à sortir de l’eau et monter sur sa planche à cause des vagues et du vent. Dans l’après-midi, une petite troupe de cerf-volants s’est mise à flotter dans le ciel, dont des pieuvres noires et une baleine.
Nous avons fait une opération débouchage de réservoir d’eau noire (wc). Difficile et pas très agréable, mais important.
Consolation, le soir nous étions aux premières loges pour assister, depuis le cockpit, à un feu d’artifice, tiré depuis la plage à une centaine de mètre de nous à peine. Spectacle réussi malgré le vent encore assez fort.








Dimanche 17 septembre / Cavalaire
Toujours autant de vent durant la nuit et la journée de dimanche. Notre bateau est poussé par le vent contre le yacht de tribord et les pare-battages sont écrasés par le poids du bateau, mais l’amarrage, que nous avons renforcé, tient bon. Encore des cerf-volants dans le ciel. Nous visitons une exposition de belles photos sous-marines, dans le hall du cinéma.





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