Lundi 13 septembre / Porto Azzurro (île d’Elbe) – Taverna (Corse)
Nous avons attendu que les éléments se calment et nous sommes contents de constater que la mer est tranquille pour notre traversée entre l’Italie et la France. Revers de médaille, l’absence de vent.
Nous quittons Porto Azzuro dans la nuit (les jours raccourcissent à vue d’oeil). Le soleil se lève alors que nous longeons l’île d’Elbe et apercevons d’anciennes mines désaffectées, dont les installations semblent en mauvais état. Puis nous passons à proximité respectueuse de Pianosa, une île pénitentiaire entourée d’une zone interdite (indiquée sur la carte). Elle est totalement différente d’Elbe, toute plate et basse, avec quelques bâtiments visibles à un bout et le reste de l’île couvert de pinèdes et bordée de plages. Mais il serait surprenant quel les prisonniers puissent en profiter.
Dans le lointain les montagnes corses se détachent déjà sur l’horizon brumeux. Petit à petit elles grossissent et nous découvrons Taverna, un petit port de plaisance isolé au milieu des pinèdes, à distance d’un village perché au flanc de la montagne.
Le pontonnier nous guide en canot jusqu’à une place étroite, entre un super-maramu et une vedette. On pousse un peu et ça rentre. Notre voisin du super-maramu attend une pièce de rechange depuis une semaine et il s’embête visiblement, car il a très envie de parler. Il fait 32°C bien moites et sans un souffle d’air. Nous sautons dans nos maillots de bain et suivons un petit chemin qui serpente dans un bois jusqu’à la plage voisine. L’eau est à peine fraîche, mais très agréable. Par contre, pas un seul petit poisson n’anime le fond sablonneux.
Je marche ensuite jusqu’à une boutique bio, située à une vingtaine de minutes à pied, par des petits chemins parallèles à la plage, dans la pinède. C’est surprenant d’entendre parler français partout, après deux mois à l’étranger. Nuit très calme, reposante.
Mardi 14 septembre / Taverna – Solenzara
Nous prenons notre temps pour nous préparer, notre étape est relativement courte pour rejoindre Solenzara. Cette partie de la côte Est de la Corse est très verdoyante. Elle présente une bande de terrain plat le long de la mer, avec pinèdes et longues plages et des montagnes imposantes, de plus en plus hautes en arrière-fond. Quelques aiguilles pointues rompent la douceur des courbes. Des petits villages s’accrochent aux pentes comme des fleurs dans la verdure. La mer est d’huile et le vent nul.
Nous arrivons à Solenzara vers treize heures. Malgré notre réservation, personne ne répond à la radio ni au téléphone, sauf un autre plaisancier, au bout d’un moment. Il nous indique le quai d’attente et nous nous y amarrons en attendant la fin de la pause déjeuner. La dame de la capitainerie vient nous voir à son retour et nous propose de rester à cet endroit pour la nuit si nous le voulons. Bien sûr, c’est confortable de sortir par le côté, sans pendille à tirer ni passerelle à déployer. La capitainerie a vraisemblablement connu un incendie (criminel?) et elle est en travaux. Mais elle nous assure que le calme reviendra dès le départ des ouvriers à 15h00.
Nous marchons jusqu’au grand supermarché Spar pour réapprovisionner. Nous retrouvons certains produits français dont nous étions privés. Nos caddies à roulettes sont bien pratiques pour les courses. Le mien déjante dans un virage et doit subir une réparation au retour. La partie de Solenzara que nous traversons n’a pas le charme des villes anciennes récemment visitées, mais elle est aussi plus cossue et propre que les agglomérations contemporaines d’Italie du sud.Dans les jours à venir, la météo vire à l’orage et nous allons devoir changer nos plans pour l’arrivée de Marie-Claude et René (soeur et beau-frère d’Emile).
Mercredi 15 septembre / Solenzara – Porto Vecchio
Changement de planning donc, en raison de la météo. Nous faisons bien route vers Porto Vecchio, mais nous n’y resterons qu’une seule nuit, pour passer les Bouches de Bonifacio jeudi matin, avant la dégradation du temps.
L’étape se fait sous un ciel gris, sans belles couleurs vives sur les montagnes et les petits villages perchés.
Porto Vecchio est niché tout au fond d’une longue baie, où le cheminement des bateaux est balisé de bouées rouge et vertes. Nous passons le grand voilier « Club Med II » ancré à mi-chemin du port et un grand nombre de belles villas enchâssées dans la verdure.
Ascension jusqu’à la vieille ville et la citadelle en fin d’après-midi.
Jeudi 16 septembre / Porto Vecchio – Bonifacio
Nous décanillons tôt, de nuit, pour battre de vitesse le mauvais temps. Dès notre sortie de la grande baie de Porto Vecchio, nous retrouvons la houle, pas trop méchante, nous avons vu pire. Le temps est tout gris et les couleurs ternes.
La veille à Porto Vecchio, j’avais lavé le bateau parce que des mouettes avaient donné une fête sur le pont avant et elle s’étaient mal conduites. Ce matin quand le jour s’est levé, nous avons découvert une couche de sable ocre également répartie sur tout le bateau Il est donc à laver de nouveau entièrement.
Nous passons au milieu des îles Lavezzi, de tas de gros cailloux, qui font penser à des mâchoires géantes prêtes à dévorer les bateaux imprudents. Hélas les roches et l’eau ont perdu leurs couleurs. Les îles Magdalena et la Sardaigne sont proches, voilées de brume.
Tout de suite après les avoir dépassé les Lavezzi, nous doublons le cap le plus sud de la Corse Pertusato et arrivons devant les falaises de calcaire blanc, abruptes du plateau, où s’accroche Bonifacio. Le goulet qui mène au port est très animé, les bateaux se suivent et se croisent, petits et gros. Cette fois, nous n’avons pas à faire de ronds dans l’eau comme en 2018, en attendant une place. Emile a réservé une place et elle nous est indiquée, près du quai bordé de restaurants.
Quand nous rentrons de notre balade, quelques gouttes commencent à tomber. Durant la nuit, plusieurs averses assez fortes nous réveillent. Nous espérons que les vents tourneront, nous rendront le soleil et laisseront le sable où il est.
Vendredi 17 septembre / Bonifacio
Grasse matinée (7h00!), suivie de la découverte d’une nouvelle pellicule de sable sur le bateau. Nous en prenons notre parti et reportons le focus sur l’intérieur du Moody. Emile libère la cabine tribord, qui lui sert de dressing, pour l’arrivée de nos visiteurs demain. Il est temps aussi de refaire une grosse lessive au lavomatic du coin (très fréquenté par les plaisanciers).
Très bon déjeuner typique de Corse au « Kissing pigs » un peu plus loin sur le quai (cochon, agneau, figues et châtaignes). On nous demande nos pass sanitaires pour la première fois et ceux qui ne l’ont pas sont refoulés). Le soleil est revenu, accompagné d’un vent fort heureusement amorti, dans le port niché derrière les falaises.
Balade à la citadelle et dans la vieille ville. La vue sur les falaises est toujours aussi impressionnante et magnifique.
Samedi 18 septembre / Bonifacio
Derniers préparatifs et courses en vue de l’arrivée de Marie-Claude et René à bord. Il arrivent vers 15h et nous déjeunons à bord. Puis balade le long du port pour admirer les grosses unités amarrées vers l’entrée du goulet. Nous regardons notamment le yacht Ozone dont l’annexe (aussi longue qu’Heolia) est venue s’installer au ponton à côté de nous. Puis glaces gourmandes pour le plaisir des papilles.
Dimanche 19 septembre / Bonifacio
Le matin MClaude, René et moi montons à la citadelle, puis allons jusqu’au bout du promontoire au-dessus de l’entrée du goulet d’accès au port. Le vent souffle fort et des moutons courent sur les vagues. Une ou deux vedettes de touristes seulement sont sorties et on les voit danser en bas.
Déjeuner au bateau. Nous réquisitionnons une seconde pendille inutilisée pour essayer de stabiliser Heolia, qui n’arrête pas de se balader de droite à gauche, sous les rafales de vent.
Puis nous partons tous ensemble en direction du sémaphore du cap de Persutato, par la route, puis sentier côtier au retour pour les visiteurs. Le vent a encore forci et cette fois il n’y a vraiment plus grand monde sur l’eau. Le vent souffle encore violemment durant la nuit.











































































































































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