Lundi 27 juin / Porto Azzurro

Farniente dans le joli petit port et son environnement fleuri et coloré. Nous avons retrouvé le troupeau de canards qui viennent quémander du pain aux bateaux. Le petit « sous-marin » rouge, que nous avions déjà croisé et là aussi, ainsi que les pizzas et les délicieuses glaces. La dolce Vita!

Mardi 28 et Mercredi 29 juin / Porto Azzurro

Journées tranquilles à découvrir la petite ville, ses quartiers populaires dans la vallée et les villas sur les hauteurs. Partout la végétation et les fleurs sont omniprésentes. Au ponton, les bateaux allemands et italiens arrivent le soir et repartent le lendemain matin. Nous voyons peu de français ici, comparé à la Toscane. Un coup de vent passe avec pluie chargée de sable ocre, puis le soleil revient radieux.

Jeudi 30 juin / Porto Azzurro (île d’Elbe) – Macinaggio (Corse)
A 7h30, pour son ouverture, nous étions à la station service du port de Porto Azzurro, pour faire le plein de gaz oil. Puis nous avons pris la mer et contourné l’île d’Elbe par le sud. J’ai refait les photos des installations minières à l’abandon depuis longtemps et des rares petits villages de cette côte assez aride. Puis nous avons vu l’île rétrécir dans notre rétroviseur. Sur la gauche on distinguait vaguement l’île de Montecristo, dans la brume de chaleur. Sur la droite nous avons laissé l’île de Capraia. Devant on devinait à peine les montagnes corses dans le lointain. Nous avons navigué huit heures, au début sur une mer plate comme un lac. Puis une petite houle s’est levée, mais juste de quoi nous balancer un peu avec un souffle de vent pour les voiles. Nous avons croisé d’autres plaisanciers et quelques cargo. Cette zone n’est pas déserte.
Nous avons atteint la Corse et remis le pied sur le sol français à Macinaggio. Ce village n’a pas beaucoup de caractère et présente principalement une rangée de maisons sans couleur définie, alignées le long du grand port de plaisance, avec quelques commerces et restaurants épars. Mais il y avait plein de place et de calme, malgré les bateaux qui sont venus s’installer de part et d’autre au fil de la soirée.

Vendredi 1er juillet / Macinaggio – Calvi
Nous avons quitté la marina de Macinaggio le matin et fait route vers le nord. Nous avons contourné le Cap Corse, puis longé le désert des Agriates et ses quelques plages de sable blanc (où j’avais des souvenirs d’enfance). Nous nous sommes arrêtés en face de la plage de Genibaretta et je me suis baignée autour du bateau. L’eau était excellente et calme. Hélas, aucune de ces plages n’offrait un abri convenable pour la nuit.
Nous sommes repartis avec l’intention de faire un mouillage sur ancre, dans la baie de Calvi. En quelques minutes le vent et la mer se sont levés et des vagues de face sont passées par dessus le pont. Nous avons décidé de nous réfugier dans le port de Calvi. Mais en arrivant, nous avons constaté que le vent sautait par dessus la ville, sans perdre de sa force. Il y avait entre 25 et 30 noeuds. Nous avons donc renoncé à tenter une manoeuvre hasardeuse à l’intérieur du port, en raison du fardage important du bateau. Nous avons demandé à utiliser un corps mort dans la baie et trois jeunes en semi-rigide sont venus nous aider à nous amarrer à une bouée. Je n’ai jamais vu un bateau se tortiller de cette façon sur ses amarres. Heolia est pire que les catamarans dans ce registre. On a pu le constater avec notre voisin, qui tournait un peu autour de son point d’amarrage. Mais nous, nous n’arrêtions pas de passer d’un côté à l’autre, sans arrêt et à toute vitesse. Nous avons attrapé le tournis.
Durant la nuit, nous avons encore été copieusement bercés par les mouvements du bateau et la musique corse provenant du port (jusqu’à quatre heures du matin).

Samedi 2 juillet / Calvi – Cargèse
Le vent et la mer se sont calmés au matin dans la baie de Calvi. Après avoir largué les amarres, nous avons effectué une courte vidéo d’au revoir à Calvi au son de la chanson « Roller Coaster » du chanteur néerlandais Danny Vera, pour faire plaisir à notre ami Bart, l’ex-propriétaire de Befkluut, maintenant Heolia.
Rien ni personne n’avait jugé utile de remonter la mer et dès notre sortie de la baie de Calvi, nous avons retrouvé un champ de grosses bosses. Nous avons cahoté vers le sud en passant devant les impressionnantes roches déchiquetées et rouge écarlate de Scandola Girolata et Piana. Nous avons laissé Porto dans la brume, au fond de son golfe et continué jusqu’à Cargèse où nous nous sommes installés à quai en espérant un peu de calme pour la soirée et la nuit.

Dimanche 3 juillet / Cargèse – Ajaccio
Nous avions quitté Cargèse avec une mer calme et le vent s’est levé, ce qui nous a permis de profiter de la bonne performance des voiles du Moody 54, dépassant aisément la vitesse de 7 noeuds par vent de 10 à 12 noeuds. Hélas le vent est tombé juste avant le passage des îles Sanguinaires (qui ne doivent pas leur nom à la couleur des roches). A voir les rochers pointus et agressifs, on imagine facilement le danger présenté par mauvais temps ou de nuit, surtout avant l’avènement du GPS. Là, tout était calme et nous avons déjeuné, à la dérive, près d’une plage toute proche. Ensuite nous sommes entrés sans le moindre souffle de vent (au moteur), dans le golfe d’Ajaccio et une chaleur de plomb nous est tombée dessus. Nous avons dépassé le cimetière marin, remarquable avec ses tombes en forme de vraies petites maisons, puis le port Tino Rossi et le centre ville. Nous avons trouvé notre place au port Charles Ornano, le long d’un catway trop court pour permettre de sécuriser Heolia en cas de vent fort. Nous changerons de place demain matin, pour nous adosser à un quai.
Musique à fond bien au-delà de minuit, provenant de la rangée de restaurants du port, entremêlée de hurlements de sirènes. Je crois que je préfère de loin le chant du coq, aussi décalé soit l’animal.