Notre Moody 54DS (Heolia, toujours!…) avait été chargé à bord du cargo hollandais Aurora avec l’aide de Sander, l‘ami skipper de Bart, l’ancien propriétaire. Nous avions suivi la progression du cargo à l’AIS et nous sommes rendus par avion direct Brest-Palma, sur le lieu de débarquement, quelques jours avant la date prévue d’arrivée du cargo.

Mardi 19 avril, nous étions convoqués à 14h00 pour le déchargement du bateau de son logement sur l’Aurora, avec possibilité de préparer l’opération dès midi. Nous avons fait l’avitaillement et massé victuailles et bagages au ponton de la station service de la marina, où je suis restée de garde. Emile et François ont rejoint le cargo. Un gros yacht à moteur trônait devant notre Moody, qui a dû être déchargé avant. Mais le poids déclaré par son propriétaire dépassait allègrement celui autorisé de la grue du bord de l’Aurora. Elle a chauffé et il a fallu attendre qu’elle refroidisse avant de reprendre la manoeuvre. Bref, le 54 a enfin atteint la station service à 19H00 et sans l’assistance du propulseur d’étrave, refusant de fonctionner… damned! Dès que notre bazar a été chargé et le plein de carburant fait, nous sommes partis directement pour la traversée. Le meilleur routage de François nous suggérait un départ à midi… nous avions sept heures de retard.

Nous avons tout de suite rencontré une mer formée et son état n’a cessé d’empirer par la suite. La houle et les vagues se sont creusées et ont malmené le bateau. L’antenne Glomex (pour le wifi et la 4G), a quitté son logement (corrosion saline incriminée) au-dessus la première barre de flèche dans le mât, et s’est écrasée sur l’un des passe-avants latéraux….. manquant heureusement le pare-brise et les membres d’équipage. Durant la première nuit, l’hélice a  malencontreusement accroché un casier, dont la bouée s’est mise à cogner contre la coque. Emile a réussi (par miracle) à s’en dépêtrer en faisant plusieurs fois marche arrière. Puis « Momo », le pilote automatique a eu un mouvement d’humeur et a improvisé un violent 360°. François a sauté sur la commande et rétabli la trajectoire voulue. Tour à tour nous avons tous les trois été malades à des degrés divers. Nous avons changé de cap en espérant améliorer un peu notre sort, mais la fenêtre météo promise au routage, ne s’est pas ouverte et notre progression a été plus lente et chaotique qu’espérée. Un vrai rodéo de 45 heures, épuisantes pour tout le monde. Mais pour positiver, cela nous a permis de tester le bateau dans 3 à 5 mètres de vagues et 30 noeuds en moyenne de vent. Son poids (autour de 28 tonnes), son tirant d’eau de 2,70m et sa longueur de 16,70m ont contribué à son bon comportement marin.

Au matin du jeudi, les troupes n’étaient pas bien fraîches. Vers seize heures jeudi, nous avons finalement atteint Bandol, Cavalaire nous semblant inaccessible en doute directe. Quel soulagement de ne plus être secoués frénétiquement. Quel bonheur de pouvoir prendre une douche, boire et manger un peu. Emile nous a invités à diner dans un très bon petit restaurant corse de Bandol, pour fêter mon anniversaire (je m’en souviendrai de celui-là) et notre arrivée sans casse ou presque.  Sans secousses ni bruit, nous avons tous les trois dormi comme des bébés.

Vendredi matin, après le petit déjeuner à bord, François a débarqué avec ses affaires, pour rentrer à Brest en avion au départ de Toulon. Le vent était bien tombé durant la nuit et nous sommes partis sur une petite houle très supportable. Elle s’est calmée à l’abri des iles du Levant. Une vraie partie de plaisir cette nav Côtière!. Nous sommes arrivés à Cavalaire vers 15h00, et nous sommes amarrés le long du quai d’honneur, juste au-dessous de la capitainerie. Nous allons y rester une semaine pour faire quelques petites réparations, nettoyer le bateau et intégrer une partie des affaires du 45, qui sont stockées dans un box en location à Cogolin.