Lundi 16 août / Luka Muna (île de Zirje) – Zut
Bye les eaux cristallines de Luka Muna. Nous mettons le cap sur l’archipel des Kornati. Une bonne quantité des îles fait partie d’un parc national et sont pelées, pour avoir été trop broutées par le passé. Ce qui n’empêche pas les autorités de réclamer un droit exorbitant pour s’y arrêter. Nous avons donc décidé de les frôler et de poursuivre jusqu’à Zut. Ce petit mot ne signifie pas que j’aie oublié le nom de l’île où nous avons fait escale. Zut est effectivement le nom de l’île, il faudrait juste ajouter un tréma sur le Z. Ce nom ne doit pas avoir la même signification qu’en français, même si on peut avoir des doutes en apprenant la signification du nom de certaines îles de l’archipel des Kornati comme le « Cap de la débauche », la « Petite qui pète », le « Cul de la vieille » et la « Grande putain ».
L’entrée dans la baie de Zut a été l’occasion de faire la course avec plusieurs autres voiliers et bateaux à moteur. Peine perdue, l’employé de la marina ACI nous a tous éconduits malgré la place restante. Emile avait pourtant téléphoné, mais n’avait pas réservé ferme. Nous sommes passés devant les autres pontons de restaurants et avons avisé une place devant l’un d’eux. Comme personne ne faisait de grands gestes pour nous interdire l’accès, nous nous sommes incrustés et installés. Plus tard, le marinero en charge a voulu nous virer ainsi que nos voisins. Emile a résisté et a pris une réservation au restaurant pour le dîner. Puis nous sommes partis faire un tour à pied jusqu’à la marina ACI et retour. Il n’y a rien d’autre autour de la baie, même pas une route.
Nous avons été étonnés de découvrir un restaurant gastronomique au lieu de la gargote attendue. Le dîner nous a ravi avec ses amuse-bouche, le plateau d’entrées diverses, variées et raffinées, suivi d’un pavé de rumsteak extra tendre pour Emile et d’une délicieuse langouste pour moi. Belle surprise et Heolia bien calé entre deux bateaux, un quai et une pendille. Le vent attendu peut souffler fort.

Luka Muna 
Eau cristalline 

Iles Kornati 



Murets de pierres sèches 




Un toupet de verdure 
Un îlot de verdure 
Zut 
Marina ACI de Zut 
Quai du restaurant Festa 
Restaurant Festa 
La cave au sol 

Amuse-bouche 

Pain noir de seiche 
Entrées, miam! 
Le bavoir et la surprise 
Langouste entière 
Poissons en exposition 
Le bar du restaurant Festa 
… et son quai
Mardi 17 août / Zut – Kremik
En quittant Zut, nous montons encore un tout petit peu vers le nord, le temps de trouver un mini-passage repéré par des bouées vertes et rouges, entre deux îlots. Puis nous mettons le cap au sud et amorçons notre retour. Nous suivons l’île principale Kornat, toute en longueur, avec sa surface rocailleuse et ses murets transversaux. Nous faisons du slalom entre les innombrables îlots des Kornati également pelés, puis débouchons au sud de l’archipel classé « parc naturel », dans une large zone de mer dégagée où se croisent des bateaux dans tous les sens.
Nous repassons devant Luka Muna sur l’île de Zirje (souvenirs, souvenirs) et continuons vers le continent pour arriver à Kremik. La marina est cachée au fond d’une sorte de petit fjord. Nous entrons et devons aller tout au bout du bout pour trouver la station service. Nous faisons le plein de gas oil, en prévision des étapes et traversées assez longues qui nous attendent. Puis nous prenons place le long d’un catway (le premier que nous rencontrons en Croatie). Ici pas de pendilles, on se croirait au Moulin Blanc à Brest.
L’autoroute régionale passe un peu plus haut, au-dessus du port. Nous sommes surpris de voir autant de voitures après notre séjour dans les îles. Pour les courses, c’est raté, la supérette et le shipchandler ferment à quatorze heures. Il n’y a rien d’autre autour, seulement quelques vignes, sur le coteau d’en face et plein de beaux bateaux dans la marina.
Mercredi 18 août / Kremik – Viska Luka (île de Vis)
Navigation assez longue en pleine mer pour atteindre l’île de Vis. Nous nous faisons balloter par la houle et comme nous sommes loin de la côte, il n’y a rien à regarder et le trajet nous parait un peu long.
Nous arrivons à l’île de Vis en début d’après-midi. Pas de réservation possible, nous nous présentons devant le petit port de Viska Luka. Il reste un peu de place à quai et un marinero nous désigne un emplacement. Le vent transversal est très fort et nous déporte sur le côté avant qu’on ait pu s’approcher. Emile reprend la manoeuvre et arrive à se présenter cul à quai suffisamment près pour lancer les amarres et attraper la pendille avec la gaffe. Un marinero monte à bord pour nous aider à tirer sur la pendille et l’attacher. Ensuite on s’occupe seuls de serrer les amarres et placer la passerelle.
Nous trouvons plusieurs mini-markets pour les courses et des étalages de fruits sur le quai pour notre avitaillement. Tout est ok, nous prévoyons un départ tôt le lendemain pour traverser directement vers l’Italie, au lieu de transiter par Lastovo comme précédemment prévu.
En fin d’après-midi nous faisons une promenade dans les rues piétonnes du bord de mer. Le soleil couchant illumine les jolies maisons, les églises et autres monuments de pierre blanche.
Jeudi 19 août / Viska Luka (île de Vis) – Pasadur (île de Lastovo)
Il y a trois jours nous avions rempli le formulaire PLF (passenger localisation form) en ligne en indiquant que nous quitterions la Croatie à Lastovo le 20/8. Entre deux, pour éviter une trentaine de miles nautiques, nous avons décidé de partir directement ce 19/8 depuis Vis. Mais parfois il ne faut pas essayer de contrarier le sort.
A cinq heures du matin le réveil a bien sonné et une demi-heure plus tard, nous avions largué les amarres et la pendille. Mais cette fichue pendille avait dû faire des tours avec le bout de l’annexe et rester en surface puis se prendre dans l’hélice. Bref, un enchaînement de circonstances malheureuses, comme toujours dans ces situations. Nous sommes donc restés coincés à vingt mètres devant notre ex-emplacement et les autres bateaux, en attendant que quelqu’un montre son nez ou daigne répondre au téléphone. Le plongeur et son chef ont fini par arriver. Il a bien fallu un quart d’heure au plongeur pour libérer l’hélice. Un zodiac du port est venu nous extirper des pendilles des bateaux voisins. Bref, trois heures et soixante euros plus tard, nous quittions enfin le port de Viska Luka.
Etant donné l’heure tardive, nous avons abandonné l’idée de traverser pour l’Italie, nous en sommes revenus au plan PLF de faire escale à Lastovo d’abord.
En quittant Viska Luka, le ciel était tout embrumé de fumée, certainement un feu de forêt, qu’on ne voyait pas. Nous avons subi une invasion de guêpes. Il a fallu jouer de la tapette et faire un carnage. Mais l’une d’elle a vengé son escadron en me piquant au pouce.
La traversée jusqu’à l’île verdoyante de Lastova s’est passée sans problème, juste un peu secouée.
A Ubli, nous n’avons pas pu nous amarrer au quai car un bateau de pêcheur nous a fait signe de dégager. Nous avons traversé la baie et avons trouvé un quai en face de l’hôtel-restaurant Solitudo. L’île est renommée pour sa tranquillité, son eau claire et les grosses cheminées, censées démontrer la richesse des propriétaires.
Vendredi 20 août / Pasadur (île de Lastovo en Croatie) – Vieste (Italie)
Levée des amarres à six heures. Nous nous lançons pour la grande traversée vers l’Italie. Du départ jusqu’à l’arrivée, neuf heures plus tard, nous nous faisons chahuter par la houle traversière. Le vent est bien axé lui et nous pousse dans la bonne direction. Nous croisons quelques cargos qui suivent le rail nord-sud et avons la surprise à quelques miles des côtes italiennes de voir la couleur de de la mer adriatique changer du bleu marine le plus profond au turquoise foncé. Les fonds sont bien plus hauts par ici. Les kite-surfs s’en donnent à coeur joie sur la côte. Nous, nous sommes très soulagés d’entrer dans le port de Viestre et de trouver enfin un peu de calme.
Le port est surplombé par des immeubles peu esthétiques. La vieille ville que nous avons aperçue avant d’entrer au port, est cachée sur l’autre versant. Nous la découvrirons à pied.
Samedi 21 août / Vieste
Une journée sur place pour récupérer de la traversée de la veille, faire une grosse lessive à la laverie du coin, coiffeur pour Emile, quelques petites courses et une balade dans la vieille ville, bien plus esthétique que les environs du port. Nous y retrouvons les maisons de pierre blanche et les ruelles aux dalles luisantes de Croatie, mais avec en plus le linge qui sèche aux balcons et les invectives et rires qui fusent partout où nous croisons des gens, italiens dans leur quasi-totalité. Si on en juge par le nombre impressionnant de boutiques pour touristes qui vendent toutes pratiquement les mêmes bibelots cheap (made in China), Vieste est finalement assez fréquentée, surtout en raison de ses grottes et de sa proximité avec les îles Tremiti (à 50 km). Les îles sur leur côte est (Adriatique) étant très rares, contrairement à celles de la côte ouest italienne, que nous découvrirons bientôt.
Dimanche 22 août / Vieste – Trani
Le vent est bien tombé durant la nuit. Nous reprenons la mer pour partir vers le sud. Cap sur Trani de l’autre côté du golfe de Manfredonia. Au sud de Vieste, le paysage est très verdoyant et par endroits des pans de collines crayeuses tranchent par leur blancheur là où des parties de terrain se sont effondrées dans la mer. Des grottes très nombreuses percent aussi la roche, au niveau de la mer, toujours aussi turquoise mais beaucoup moins transparente que dans les îles croates. La moindre petite plage nichée dans une crique est investie par des baigneurs et des petits semi-rigides sillonnent la côte de grotte en grotte.
Puis nous nous éloignons de la côte et retrouvons l’eau bleu marine et les grands fonds.
La couleur turquoise réapparait à l’approche de Trani et sa massive cathédrale qui domine de loin la ville et la côte très basse maintenant. Des taches brillantes semblent être des étendues de serres dans la campagne avoisinante.
Nous entrons dans le port où Luigi qu’Emile a contacté est censé nous attendre. Mais le marinero qui nous tend les pendilles ne parle pas un mot d’anglais ni de français et visiblement nous l’avons dérangé juste avant sa pause. Il est pressé qu’on lance la passerelle et nous la demande une dizaine de fois de suite. Puis il s’en va, muni des documents du bateau et d’identité.
Le vent est tombé, il fait très chaud de nouveau.
Nous longeons le quai et ses terrasses de restaurants pleines à craquer de gens en plein repas, pour déboucher au pied de l’impressionnante cathédrale St Nicola Pellegrino. D’ici, elle est encore plus imposante. Pourquoi les bâtisseurs ont-ils imaginé et réalisé ce corps aussi massif et ce campanile de 60 m de haut? Les palais voisins sont également imposants. Nous revenons par les petites rues bondées de maisons anciennes, puis par le parc et la fortification qui dominent le port. Trani est une bien jolie ville.
























































































































































Laisser un commentaire