Lundi 26 juin – Denia Espagne continentale / Cala bassa (Ibiza)
Lever à l’aube, pour une nouvelle traversée jusqu’à Ibiza. Le temps est au beau et la mer agréable. Le bateau connait la route par coeur. Nous jetons notre ancre toute neuve dans la Cala Bassa, où nous avions dérapé à notre première visite. On ne va quand même ras rester sur un échec! Cette fois, nous semblons vissés sur place, malgré le mouvement circulaire incessant que le bateau effectue, sous le vent. Autour de nous toutes sortes « d’objets flottants » identifiés ou non, vont et viennent, musique au vent et à fond de train (planches à moteur, scooter des mers, barques à touristes, voiliers, vedettes….). Notre bateau intrigue et nous vaut regards curieux et remous, par la même occasion. Heureusement le soir les bruyants dérangeants retournent à la ville et nous restons au calme en compagnie d’une troupe d’autres voiliers.

Mardi 27 juin – Ibiza (Cala Bassa / Cala Charraca)
Nous avons changé de mouillage pour une autre baie, la Cala Charraca, presqu’au nord de l’île. La côte est très sauvage, collines verdoyante à l’intérieur et falaises abruptes sur la mer, avec de temps en temps une petite baie, où se nichent quelques maisons et des bateaux. Cette baie est large et bien que déjà investie par un paquet de voiliers et yachts, il restait suffisamment de place pour nous. Nous avons jeté l’ancre dans le sable et après, comme il faisait très beau et chaud, j’ai mis le masque pour aller voir comment elle était accrochée et combien de chaîne j’avais déroulé (je compte les secondes). L’ancre était tellement plantée dans le sable qu’on ne la voyait quasiment plus. Par contre il y avait moins de chaîne que je ne pensais. On en a donc jeté un peu plus par sécurité. Nous avons gonflé le paddle pour faire un repérage avant réparation de l’accroc sur le côté et griller au soleil.
Emile s’est baigné aussi dans l’eau claire de la baie. La nuit aurait été calme, si une houle pénible n’était pas venue secouer le bateau qui prend un malin plaisir à se placer perpendiculairement, d’où un roulis constant. 

Mercredi 28 juin – Ibiza Cala Charraca / Valence (Espagne continentale)
Comme la houle nous avait levés tôt, nous sommes partis tôt également pour continuer notre tour de l’île dans le sens horaire. La mer était « déformée » et inconfortable.  Nous avons sauté l’escale initialement prévue devant Santa Eulalia de Rio, passé la ville d’Ibiza et son château, pour aller jusqu’à Formentera, une autre île voisine. Dans la passe étroite, qui permet le passage entre le côté ouest et est de l’île, il y avait affluence. Ferries, yacht et voiliers se croisaient et se doublaient. Nous nous sommes insérés dans le flux, puis avons mis le cap sur le front rectiligne et très bas de l’île, où une suite continue de navires en tous genres étaient agglutinés, les plus petits devant, les plus gros derrière. Nous avons trouvé un espace libre dans 7 m de fond et avons jeté l’ancre. Le ciel était tout voilé par un nuage diffus de fumée, originaire sans doute des feux de forêt du Canada.
Après le déjeuné, ballottés par la houle et les vagues générées par les bateaux qui se faufilaient entre nous, Emile et moi avons décidé d’opter pour un repli stratégique vers le continent, afin d’y trouver un endroit moins recherché et plus calme. « Trois petits mouillages et puis s’en vont! »
Une fois passés au nord ouest de l’ile, la houle s’est allongée et réduite et la navigation est devenue agréable. Nous avons croisé encore de gros ferries (pas étonnant qu’il y ait foule sur l’île), des cargos, quelques voiliers et pêcheurs, pas toujours visibles sur l’AIS. La lune a bien participé à diminuer l’obscurité. Emile a assuré la plus grande partie des presque douze heures de navigation. A notre arrivée à Valence à 2h00 du matin, le ponton d’accueil était occupé. Le marinero nous a dirigé sur le premier quai contigu, devant un bar…. heureusement fermé. Le temps de nous amarrer près d’un énorme catamaran et dodo, enfin!

Jeudi 29 juin – Valence
Après la courte nuit précédente, nous avons pris notre temps pour récupérer. Le bar a commencé à se peupler après midi et nous a diffusé de la bonne musique non stop. C’est juste un rien gênant de se sentir observés par tous les clients assis à la terrasse. Emile avait une visioconférence dans l’après-midi. Je suis allée me balader en ville, ça fait une sacré trotte. La foule était à la plage et côté port aussi.
Le coup de vent annoncé est arrivé durant la nuit. Mais notre place s’est révélée excellente, amarrés au quai en dur et abrités du vent par le bar et le gros catamaran voisin.

Vendredi 30 juin – Valence
Vélo pour nous hier. Le but de la balade était la « coulée verte » du jardin de Turia, le lit de l’ancien Rio (détourné), qui serpente dans la ville de Valence. Mais en voulant rejoindre son extrémité, côté mer, nous nous sommes fourvoyés dans la zone portuaire, puis dans un « no man’s land », un immense terrain vague, avec des morceaux de large route menant à des culs de sac (barrières surmontées de barbelés), encombrés par endroit de vieux meubles cassés, morceaux de verre et bordé d’un bidon ville. Nous avons fini par nous en extraire et retrouver la civilisation. Notre exploration touristique s’est arrêtée là. Nous avons mis le cap retour, avec un bon vent dans le nez. Une réception s’est tenue au bar le soir, avec foule et musique boum-boum.

Samedi 1er juillet – Valence
Le wrapping bleu ciel du bateau commençait à souffrir de quelques égratignures dues aux amarres, à l’ancre, à un bateau indélicat et à un rivet sur un catway. Ce matin, le calme de l’eau du port nous a permis de mettre à l’eau le paddle. Je suis grimpée dessus et Emile m’a tirée au niveau des écorchures, pour que je puisse les recouvrir de peinture acrylique bleu ciel. De loin le résultat est bluffant, les blessures ont disparu, et le gel-coat est protégé. Balade à pied dans l’après-midi et cocktails au bar, au retour.

Dimanche 2 juillet – Valence
Tâches domestiques le matin, balade à vélo l’après-midi, le long de l’immense plage de Valence (autant en largeur qu’en longueur).