Lundi 4 septembre / Arenys de Mar
Le vent s’est déchainé par rafales comme prévu.  Balade le long des plages qui bordent le port, coté nord. Très peu de gens dans l’eau et même sur le sable et grosses vagues.

Mardi 5 septembre / Arenys de Mar (Gerone en voiture)
Cette fois le vent s’est calmé. Nous attendons que la mer en fasse de même. Nous nous sommes rendus à Gerone en voiture de location. Murailles, tours, églises et demeures anciennes sont massives et imposantes. Nous sommes passés voir la lionne, dont les superstitieux viennent embrasser le « cul » pour s’attirer la chance. Mais n’avons pas tenté l’expérience, en raison de notre incrédulité et des risques de contamination. Le Rio Onyar, qui traverse la ville est quasiment à sec et on voit très bien de gros poissons, qui fouillent le fond à la recherche de leur pitance. Les bâtiments en bordure de rivière s’affichent en un harmonieux nuancier de jaune, ocre et orange. Nous sommes rentrés par la côte au nord d’Arenys. La voie ferrée qui suit la côte ne participe pas à rendre les petites villes attractives, ni les fronts de mer bétonnés.
Apéro à bord d’Heolia avec notre voisin de ponton, Pascal un lorientais, qui va vendre son « lévrier des mers », car son épouse n’a plus envie de naviguer.

Mercredi 6 septembre / Arenys de Mar (Vic par voie terrestre)
Nous avons fait une nouvelle excursion en voiture, à Vic cette fois, une autre ville à l’intérieur des terres. Cette ville n’est pas très touristique a priori, mais nous avait été recommandée par nos amis du Conquet, Alain et Anne-Hélène et nous avons été agréablement surpris. La ville arbore de nombreux bâtiments décorés, de grandes places harmonieuses, des petites rues animées et les traditionnelles églises en nombre, en plus des nombreuses charcuteries qui vendent la « cochonnaille » locale, spécialité de Vic. La région compte de nombreux producteurs de porcs (Emile en avait d’ailleurs visité un dans les années 80, en pointe déjà à l’époque sur l’informatisation de son élevage).
Ensuite nous sommes rentrés au bateau, via Mataro pour rendre la voiture de location.

Jeudi 7 septembre / Arenys de Mar – Palamos
Après les plages interminables, rectilignes et bordées d’immeubles, nous avons retrouvé la jolie côte rocheuse et accidentée, avec de belles villas dispersées dans les arbres et aussi quelques immeubles par endroits et sur les rares plages. Une petite houle et un faible vent de face nous ont accompagnés jusqu’à Palamos, doté de deux marinas et d’un port de pêche assez actif. 
Le marinero nous a casés juste à l’entrée de la marina, entre un mur, surplombé d’une route à camions et un beau et grand voilier (Solaris 60 pieds). Peu de temps après notre amarrage, le propriétaire du bateau voisin est arrivé, couronne de cheveux blancs en bataille, short et tee-shirt vert pomme et chiffon rose à la main. Il a bien méticuleusement vérifié les pare-battages entre nos coques, en a ajouté un et s’est mis à quatre pattes à briquer le pont et l’inox déjà rutilants. Emile a essayé d’engager la conversation, mais la seule chose qui l’intéressait, c’est quand nous repartions…. C’est tout de même un peu vexant. Petite marche en ville et nuit calme et fraîche (20°C le matin). Palamos, bien que capitale régionale, ne nous a pas laissé un souvenir impérissable.

Vendredi 8 septembre / Palamos – Rosas
Nouvelle étape vers le nord. Mer belle avec légère houle progressivement remplacée par des vagues. Trop peu de vent pour avancer à la voile seulement. La côte est maintenant plus belle de mon point de vue. Roches et bois de pins parasol, avec de belles villas dotées de vue mer imprenable. Puis la côte s’est éloignée de la ligne droite et s’est abaissée, quand nous avons atteint la grande baie de Rosas que nous avons traversée en ligne droite. Les Pyrénées se sont profilés derrière la ville qui s’étale sur les collines desséchées et le bord de mer. Toutes les maisons ou presque sont blanches et cela procure une certaine harmonie à la ville. 
Le port est très grand et on nous a installés tout au début de la longue digue/route, près de l’entrée du port. D’autres bateaux sont arrivés dans l’après-midi quand le vent s’est finalement levé de mauvaise humeur. Nous avons fait notre traditionnel tour en ville pour explorer les environs du port. Rosas est très animée et totalement colonisée par les français (bateaux français et conversations en français partout en ville). Le soir la digue-route sert de balade rafraichissante, parcours d’entrainement aux sportifs et lieu de rencontre pour les jeunes. L’endroit n’est pas aussi calme que lors de nos escales précédentes. Rosas est notre dernier port en Espagne, avant la frontière.

Samedi 9 septembre / Rosas – Banyuls
Après avoir quitté Rosas, nous avons suivi la côte vers l’ouest un moment,  avant d’obliquer au nord de nouveau. Nous avons passé Cadaques, le très beau village blanc de Salvador Dali. 
Nous avons franchi la frontière entre l’Espagne et la France au niveau du village de Cerbère, sans signe distinctif de la frontière, vue de la mer. Très vite ensuite nous sommes arrivés à Banyuls. C’était notre première fois dans ce petit port. En fait il y a très peu d’emplacements avec suffisamment d’eau pour Heolia. Nous nous sommes amarrés le long d’un T, en bout de ponton, tout près de l’entrée du port. Le Moody dépassant de part et d’autre du T.
Le village est très mignon dans sa petite baie. Les maisons sont blanches ou jaune avec des toits en tuiles rouges et il y a peu d’immeubles (de taille modeste), avec les Pyrénées en toile de fond.  Des sculptures d’Aristide Maillol, l’enfant du pays, sont disposées sous les platanes du front de mer. D’autres sculptures en bois flotté et des peintures sont en exposition à l’hôtel de ville.

Dimanche 10 septembre / Banyuls
Journée farniente ou presque à Banyuls. J’ai profité du calme dans le port et du ponton le long de la coque, pour effectuer quelques petites retouches de peinture sur les écorchures dans le wrapping (suite aux assauts du voilier voisin durant la tempête à Palma). Voilà Heolia de nouveau tout beau, tout bleu. 
Le port est très actif et animé, notamment par les allées-venues des bateaux de plongeurs et la ville est très vivante.
Nous avons déjeuné au restaurant « L’o à la bouche » tout proche du petit port. Serveurs amateurs mais plats savoureux. 
Randonnée dans l’après-midi pour contourner la ville par la côte, puis retour en la traversant par ses petites rues. 
Brusque réveil durant la nuit, au retour de nos voisins de ponton, quelque peu éméchés, de leur courte sortie nocturne en mer. La dizaine d’hommes avaient dû emporter suffisamment de boissons pour affronter l’expédition.