Lundi 15 août / Porto Teulada – Cagliari
Au départ, le bateau à tangué sur la houle, ou « pioché » comme dit Emile, sous un ciel bien gris. Ensuite il s’est mis à rouler quand nous avons changé de cap. Arrivés à Cagliari, la « capitale » de la Sardaigne, on nous a d’abord indiqué une place étroite avec des pendilles de part et d’autre et avec le vent assez fort, il a été malaisé de la négocier. Le chef marinero nous a dirigés un peu plus loin, le long du quai (arrière au ponton) et cette fois, la manoeuvre a été sans difficulté. Néanmoins, l’endroit est agité et l’accueil assez désagréable et minimaliste (par exemple, on ne nous a même pas donné le code d’accès au ponton). Pourtant les frais de port sont très élevés ici. De plus, le quai sert de promenade au tout Cagliari et le passage y est incessant, de même que la circulation sur les six voies (4 voitures et 2 bus) parallèles au quai. Les bancs du quai sont en permanence occupés, même la nuit, par des gens qui discutent bruyamment, sans discontinuer. C’est la grande ville et ses inconvénients. Nous allons toutefois rester deux nuits pour avoir le temps de visiter les points touristiques de Cagliari, faire la lessive, les courses et nous reposer un peu aussi.























Mardi 16 août / Cagliari
Le matin lessive au lavomatic de la vieille ville (même pas de buanderie à la marina). Déjeuner dans un petit restaurant de viande bien côté dans le Routard et fréquenté par les « locaux ». Filet de boeuf filet de boeuf sarde très tendre pour Emile, et «petit cochon aux baies de myrte» pour moi. Je n’ai pas trouvé les baies, ni cachées sous le cochon grillé, ni dans la sauce… inexistante. C’était bon mais un peu fade. Pour le dessert, nous nous sommes réservés pour des glaces, plus tard. Nous sommes retournés au bateau nous réfugier au frais durant les heures les plus chaudes de la journée (ici la sieste a vraiment son utilité). Puis nous nous sommes lancés à l’assaut du Castello, de ses ruelles et de ses monuments. A mi-chemin de la montée, Emile a trouvé qu’il faisait bien trop chaud pour tant d’efforts et est retourné au bateau faire le plein d’eau (du bateau!). J’ai persévéré et ai été agréablement surprise par le Bastione di San Remi, le Duomo Santa Maria (occupée par un défunt caché sous une moustiquaire), le Palazzo di Citta (bonjourno Corto Maltèse), puis la Torre Dell Elefante (ouverte côté castello, mais munie de herses aux portes). Voilà un peu de changement dans les photos.









































Mercredi 17 août / Cagliari – Porto Corallo
Temps gris et bonne houle dès le départ de Cagliari. Puis un passage particulièrement mouvementé entre le cap Carbonara (oui comme les pâtes) et l’Isola Del Cavoli. Les vagues lèvent dans tous les sens et le trafic de voiliers et bateaux à moteurs est intense dans le passage assez étroit, bordé de hauts fonds rocheux. Nous espérions trouver plus de calme après le cap, en amorçant la remontée plein nord. Mais la houle persiste et nous a secoue toute la journée. Nous somme contents d’avoir atteint Porto Corallo. Hélas, le port n’est pas bien protégé. La houle y entre et nous fait rouler toute la soirée et toute la nuit.
















Jeudi 18 août et la Ste Hélène 🙂 / Porto Corallo – Arbatax (près de Tortoli)
Même combat que la veille. Temps brumeux et houle au menu. Dommage car les paysages doivent être magnifique par temps dégagé. Parfois des montagnes couvertes de végétation, bordées de longues plages de sable blanc, d’autre fois des parois plus sèches et tombant à pic dans la mer en pans rougeâtres, blancs ou beiges. La brume de chaleur atténue les couleurs et peint la mer gris anthracite. L’arrivée à Arbatax est particulièrement spectaculaire de roches rouges et blanches, même sous le voile grisâtre. Nous espérons trouver enfin un bon abri dans le port. Emile a réservé une place par téléphone. Mais voilà que sa réservation n’était soit-disant pas ferme et comme du mauvais temps est annoncé, il n’y a pas de place pour nous pour le moment. On insiste et on nous fait amarrer le long d’un quai, habituellement utilisé par la « Guardia costiera ». S’ils rentrent, ils pourraient bien nous virer. Pas d’électricité ni d’eau non plus à cet endroit. On attend. Au moins nous sommes bien amarrés et le plan d’eau est calme. Dans la soirée, plusieurs marineros « staff » en tee-shirts rouge, viennent en dinghy nous proposer une place au ponton et nous aident à nous y installer (le vent s’est bien levé). Nous voilà enfin tranquilles pour deux jours, et le bateau ne bouge quasiment pas, un délice!
























Vendredi 19 août / Arbatax
Nous passons une journée cool à Arbatax. Le beau temps est revenu avec les magnifiques couleurs. Le village est assez quelconque. Sur le port sont assemblées des structures pour plateformes pétrolières et des pâles d’éoliennes sont entreposées le long d’une longue digue. C’est un port très actif.
Un ouvrier du chantier voisin vient remplacer la pompe à eau douce par celle qu’Emile avait en stock par précaution. La précédente crachait un peu d’eau uniquement quand Emile lui assenait un bon coup de clé à molette…. pas très pratique. En une heure le petit gabarit a pu introduire le haut de son corps dans le placard sous le lavabo et faire le remplacement de pompe. Nous avons de l’eau au robinet et dans les douches…. Le bonheur tout simple!
Dans l’après-midi nous partons explorer le village. Nous nous arrêtons prendre une glace sur le front de mer et j’expérimente une nouvelle saveur, « pistache salée ». L’association au chocolat est délicieux! Je voulais monter en haut de la colline pour avoir une vue plongeante sur le port, mais ne trouve pas de chemin et des grillages partout pour empêcher l’accès aux hauteurs. Je prends la route du phare qui domine sur la colline voisine. Mais la zone du phare est militaire et une barrière en interdit l’accès. D’autres français crapahutent dans la colline dans le même but. Quatre hommes d’un voilier de la « Route du Jasmin », venant de Bizerte et sur le retour vers la Côte d’Azur, comme nous. Je rencontre aussi des chèvres, des ânes et des autruches, confinés derrière un grillage.



















Samedi 20 août / Arbatax – Porto di Caletta
Départ à 7h30 pour une longue étape. Nous avons bien regardé les différentes cartes météo disponibles sur internet, pour planifier deux dates importantes: notre traversée des Bouches de Bonifacio puis la traversée de Corse au continent, en espérant qu’elles ne se trompent pas cette fois, contrairement à ce qui s’est passé en Corse tout récemment. Les couleurs sont revenues nous offrant de magnifiques paysages. A notre départ, la mer est calme et le vent faible, comme prévu. Mais très vite la houle se lève et il devient difficile de régler les voiles quand la direction et la force du vent changent en permanence en montant jusqu’à 30 noeuds. Nous changeons de cap pour nous rapprocher de la côte où la mer est plus calme et nous arrêtons à La Caletta (porto turistico), qui offre un bon abri. La recherche des futurs mouillages sur ancre et ports tourne au casse-tête. Les mouillages ne sont pas une bonne option avec la houle et le vent non anticipés par les prévisions météo. Les ports ne sont pas légion, horriblement chers au nord-est de la Sardaigne (type <Porto Cervo ou Porto Rotonde à plus de 400€ la nuit) et néanmoins pris d’assaut. On va devoir jouer « finement ».























Dimanche 21 août / Porto turistico La Caletta
Journée repos. On laisse passer un petit coup de vent. Bon restaurant le midi à la « Cucina Tipica da Giovanna » qui figure dans le routard comme étant très bon et apprécié des locaux. Friture de petits poissons et loup grillé. C’est très copieux et cuit à la perfection, miam! Le Tiramisu d’Emile lui a plu. Mon essai de petites pâtisseries sardes typiques a été plus mitigé. En allant faire des courses, j’ai senti une odeur de fumée de plus en plus forte et je crains qu’il n’y ait un incendie quelque part. Mais la fumée provient d’un caniveau où rougeoient des braises. Au-dessus sont alignées des dizaines de broches verticales, sur lesquelles sont plantés des petits cochons en train de rôtir. Une fête est visiblement en cours de préparation. Hélas nous avions déjeuné trop copieusement ce midi pour être tentés.




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