Lundi 6 septembre / Procida – Gaeta
Retour sur l’eau, tôt le matin. Les ferries sont déjà à l’oeuvre pour relier la petite île de Procida au continent et il faut faire attention à leur trajectoire, car ils n’aiment pas du tout s’en écarter. La côte s’éloigne dans le lointain et la brume, puis nous nous en rapprochons en même temps que nous atteignons Gaeta. Les fortifications sont massives et impressionnantes sur le front de mer. La ville à l’arrière, se révèle bien plus esthétique et colorée. De ce côté, seule la cathédrale conserve une stature imposante.
En fin d’après-midi, un gros orage perce à proximité du port, puis gagne ce dernier juste comme nous rentrons de courses. Second rinçage du bateau (par le ciel cette fois), coup de vent violent, éclairs menaçants et danse désordonnée des bateaux dans le port. Le calme revient une heure plus tard, une fois l’orage passé. Un petit échassier pose pour la photo sur la tonne à côté de nous. Le port regorge de petits et gros poissons, ce doit être son garde-manger.
Mardi 7 septembre / Gaeta – Nettuno
Nous contournons la zone bien gardée, réservée aux livraisons de pétrole. Le soleil se lève sur Gaeta, comme nous dépassons la ville ancienne, peignant de rose les murailles et les falaises naturellement grises. Une fois passée la presqu’île, nous découvrons l’autre côté de la ville balnéaire. Puis la côte s’aplatit et se perd à l’horizon. Sauf pour Felice Circeo, une grosse excroissance, qui de loin ressemble à une île. Mais la bande de terre continentale plate apparaît, quand on se rapproche (oui la terre est bien ronde).
Le « gratte-ciel » de Nettuno guide de loin le navigateur non muni d’un GPS.
On nous fait patienter un peu à l’entrée du port puis un marinero nous conduit tout au fond et nous indique l’étroit emplacement alloué. Il reste collé à son canot et s’éclipse aussi sec. Il n’y a personne sur le ponton. Nous nous débrouillons seuls pour attraper la pendille et passer les amarres dans les anneaux.
Balade dans la vieille ville ensuite. Nous rions à voir une grande tablée de « mamas » recevoir d’énormes coupes glacées. Les « gelaterias » sont une vraie institution en Italie.
Mercredi 8 septembre / Nettuno – Riva di Traiano
Départ de nuit pour une navigation assez longue jusqu’à Riva di Traiano. Nous avons décidé de sauter l’étape de Lido di Ostia, près de Rome. Nous connaissons ce grand port, dont le seul intérêt est sa proximité avec la capitale. Mais nous n’avons pas prévu d’aller à Rome cette fois. Le voyage se passe sans problème, ainsi que l’arrivée à Riva di Traiano. Dans le lointain se dressent d’énormes paquebots en mal de croisière. Nous entrons dans le grand port avec sa forêt de mats, une tour de contrôle et une galerie marchande, tout au long des quais. Mais pas beaucoup d’activité, ça sent très fort la fin de saison. D’ailleurs la température baisse de jour en jour. Ce matin 23°C. Jean, jogging, pull et couette ont pris le relai de la climatisation.
Jeudi 9 septembre / Riva Traiano – Porto Ercole
Nous passons à proximité de gros paquebots amarrés à un quai dédié ou à l’ancre, assez loin de la côte. Puis nous dépassons un cargo en train de charger du pétrole directement depuis une plateforme, un remorqueur le maintenant dans l’axe du vent. Puis la côte toujours aussi basse s’éloigne sur notre droite avant de reprendre du relief. Nous piquons directement vers notre escale suivante: Porto Ercole, petit port sympa au pied d’une forteresse espagnole, bien campée sur les hauteurs. C’est dans ce village que se trouve la tombe du Caravage. Ii y est mort du paludisme. A la renaissance les lagunes proches devaient être infestées de moustiques. S’il reste quelques moustiques survivants, au moins ne sont-ils plus porteur de cette maladie. Trois marineros de la compagnie « Emporio del Sub » nous accueillent et nous aide à l’amarrage. Service impeccable, qui fait toujours plaisir.
Vendredi 10 septembre / Porto Ercole – Porto Azzurro (île d’Elbe)
Nous attendons le lever du jour pour sortir de l’étroite et courte place où nous avons niché pour la nuit. Il n’y a rien de trop pour faire pivoter Heolia et merci une fois de plus aux propulseurs.
Le soleil daigne colorer l’horizon de rose un court instant, avant de se cacher derrière les nuages. Dès notre sortie du port, nous devons affronter une forte houle qui dégénère rapidement en bazar de vagues dans tous les sens. La navigation est assez longue et il n’y a rien d’autre à faire que prendre son mal en patience.
L’île d’Elbe reste longtemps cachée dans la brume, avant de se révéler enfin. Le temps gris et les cahots persistent presque jusqu’à l’entrée du port de Porto Azzurro. Nous voulons faire du gaz oil en prévision de notre traversée vers la Corse, nous devons attendre une heure l’ouverture de la station. Puis on nous indique une place au ponton suivant, juste en face des belles maisons colorées de rose, jaune, ocre et vert. Le jasmin n’est plus en fleur, des petites fleurs bleues ont pris le relai. Une palanquée de canards nous accueille, très intéressés par les bouts de pain que je leur jette. Nous voudrions rester trois nuits ici, mais nous sommes sur liste d’attente pour demain et après-demain. Il nous faudra peut-être migrer demain jusqu’à un chantier, un peu plus loin dans la baie.
Samedi 11 septembre / Porto Azzurro port – Porto Azzurro chantier
Dès la première heure, la compagnie des canards passe près du bateau, annoncée par de vigoureux coin-coins. Je sacrifie un bout de notre pain pour satisfaire leur appétit. Ils sont trop drôles, comment résister. Ensuite nous changeons de « crèmerie » pour passer en face de la baie, au chantier, puisqu’il n’y aura pas de place disponible ce soir ici. Le quai présente un large espace disponible et le marinero nous fait signe de nous installer au milieu. L’eau est déjà un peu agitée. Le gars n’est pas très coopératif. On tend les pendilles au moteur, on multiplie les amarres à l’arrière, dont une avec un ressort d’acier pour amortir les chocs.
Après déjeuner, nous partons avec la voiture de location explorer la partie située au nord-est de Porto Azzurro. Nous passons par le point culminant de l’île, via une petite route sinueuse, étroite et vertigineuse, qu’Emile n’apprécie pas trop. Mais les points de vue sont magnifiques. Nous passons à proximité de la forteresse située tout en haut du Mont Capanella et qui n’a jamais été prise (pas trop étonnant vu l’accès, quoique je me demande comment ils s’approvisionnaient en cas de siège). Nous redescendons sur Rio Marina, où nous marchons un peu autour du petit port. Puis nous délaissons le nord et ses lacets, pour repartir vers l’ouest en direction de Portoferraio (la ville la plus importante de l’île d’Elbe). Balade, glace (bientôt finies les glaces italiennes) et retour au bateau.
Quand nous sommes arrivés, le bateau était très agité par de grosses rafales de vent et des vagues importantes. Heureusement d’autres bateaux sont venus s’amarrer à droite, mais surtout à gauche, où ils ont un peu coupé le vent. On a repris les amarres et levé la passerelle encore plus haut pour qu’elle ne cogne pas sur le quai. Beaucoup d’autres voiliers et bateaux à moteur sont venus mouiller dans la baie, pour se mettre à l’abri du coup de vent, qui a perduré tard dans la nuit.
Dimanche 12 septembre / Porto Azzurro (chantier)
Nous partons dès le matin sur les routes de l’île d’Elbe. Direction l’ouest. Nous passons par Lacona où la « splendide plage » est cachée de la route par les hôtels et les campings. Nous poursuivons par Campo Nell’Elba, Pomonte, Chiessi, Marciana. La montagne couverte de forêt fait place à des pentes pelées. Beaucoup de cyclistes parcourent les routes très rarement plates d’Elbe. Un chemin de randonnée, coupe l’île d’Est en Ouest et passe par les sommets. Bienvenue aux sportifs.
Nous arrivons à Marciana Marina, où nous prenons une boisson sur le petit port. Nous essayons de trouver un restaurant bien côté à proximité. Mais ils sont soit fermés, soit réservés, soit introuvables et nous continuons jusqu’à Portoferraio. La « Centrale Gourmet » avec son nom simili-français est juchée sur la hauteur surplombant le port des ferries. Les tables sont installées par groupes de six sous de grands parasols, séparés par du gazon et des fleurs. Le site est superbe. Nous attendons les plats en regardant les files de voitures grimper et descendre des ferries et les ferries défiler les uns après les autres. Le repas est honnête et la serveuse très efficace.
Retour au bateau pour vérifier que tout va bien, avec le vent qui commence à se lever. On resserre pendilles et amarres une fois de plus et on prépare le bateau pour la traversée du lendemain vers la Corse.

























































































































































Laisser un commentaire