Lundi 29 mai – Cartagène
Nous avons laissé derrière nous Santa Pola, escale sympathique, et avons fait une autre assez longue navigation, qui nous a menés à Cartagène (Espagne). Une carte du monde est dessinée sur le sol d’une de ses places, où sont indiquées toutes les villes du monde portant le même nom. La plus grande quantité se trouve aux US. 
Le voyage s’est bien passé, toujours avec une petite houle. Le paysage était assez lointain, plat et brumeux au départ, pour se rapprocher ensuite et devenir montagneux, pelé, désertique, mais avec un voile de vert (peut-être en raison des dernières pluies).
Nous avons contourné les îles Hormigas, réputées pour leur faune marine. L’espace est protégé et les espagnols en sont très fiers. Par contre dans les terres se trouve une mer intérieure assez grande « Mar Menor », qui est morte à cause de la pollution due aux nitrates et phosphates de l’agriculture intensive.
L’entrée du port de Cartagène est occupée par un complexe industriel avec d’énormes cuves, derrière une très longue digue et sur fond de carrière. Pas le plus romantique. Le vent s’était levé risquant de rendre délicate la manoeuvre dans le port de plaisance. Mais le marinero nous a fait amarrer sur un catway, à l’abri d’un gros paquebot en escale.
Nous sommes allés marcher dans la vieille ville aux  rues pavées de marbre et bordées d’immeubles aux balcons fermés « cierros » et surchargés de décorations. La ville contient des ruines romaines, en cours de restauration et inaccessibles (pour celles que nous avons essayé de voir). Nouvelle exploration prévue demain matin.

Mardi 30 mai – Cartagène / Aguilas
Comme la navigation du jour serait assez courte, j’ai pu aller faire un tour dans Cartagène, avant le départ. Emile planifiait la suite de notre voyage et réglait les formalités de port. 
Je suis montée sur le promontoire du château, d’où on a un panorama sur la ville. Le lieu est investi par les paons. Mâles et femelles se pavanaient un peu partout, en appelant toujours le fameux « Léon », qui jamais n’arrive. Puis, j’ai tenté la Casa de la Fortuna. Mais elle a dû faire faillite, car je n’ai trouvé que des immeubles sans intérêt et fortement décrépis. J’ai continué jusqu’aux arènes, en restauration, avant de rentrer au bateau.
Le trajet a été une alternance de montagnes pelées mais couvertes d’un léger voile vert et de zones récemment construites d’ensembles de maisons ou d’immeubles à l’esthétique « spéciale ».
Nous avons navigué sur une mer d’huile au début. Ensuite un souffle de vent a ridé la surface et il s’est levé comme nous arrivions à Aguilas. Nous sommes entrés dans la marina privée Juan Montiel, l’une des deux marinas d’aguilar. Le promoteur n’a pas lésiné sur le béton. Le mur sur la mer doit faire cinq à six mètres de haut. L’avantage c’est que nous avons été à l’abri du vent, dès que nous sommes passés derrière. Cette marina porte le nom de son propriétaire. Elle très bien tenue et adjacente à l’hôtel qui lui appartient également. Un monsieur grisonnant, en costume est passé sur le quai en parlant au téléphone et nous a salués. Vraisemblablement notre hôte dans sa ronde de l’après-midi. Nous avons fait un petit tour dans le quartier. Cette marina est éloignée du centre ville.

Mercredi 31 mai – Aguilas / Santa José
Nous avons fait route vers San José, un tout petit village et port pas plus grand, mais qui présentait l’avantage de se trouver à mi-distance entre deux ports plus grands et dans une large une zone sans refuge. La profondeur du port était insuffisante pour nos 2,70 m de tirant d’eau. La seule place qui pouvait nous accueillir était la station service, à l’entrée du minuscule port. Emile avait obtenu qu’on puisse y passer la nuit, mais en contrepartie, on ne pouvait arriver qu’après 19h00. Nous étions devant le port deux heures avant. Nous sommes allés jusqu’à la plage, où nous avions envisagé de mouiller, mais l’endroit n’était pas très abrité. Nous avons donc laissé dériver le bateau pendant un bon moment. Puis Emile est revenu à la charge auprès de la marina et nous avons pu nous amarrer à la station service à 18h30. Nous en avons profité pour faire le plein.

Jeudi 1er juin – Santa José / Adra
Sortie de bonne heure pour libérer la station service du petit port et nous avions de la route à faire. La première partie du trajet, nous avons longé des rochers et falaises aux couleurs très changeantes: noir, rouge, vert, avec par endroits des touches de blanc incongrues. La formation des lieux a dû être très tourmentée. Puis la côte s’est éloignée, et toutes les parties basses se sont parées d’un nombre incalculable de serres.
La ville d’Adra n’est pas très attirante à première vue, mais son port est bien protégé et notre place le long d’un ponton, est très agréable. Les marineros ont trouvé une astuce pour empêcher les mouettes et goélands de venir souiller les pontons. Ils ont tendu des fils de nylon sur les côtés et ça semble fonctionner (sauf pour les largages en vol).

Vue aérienne maps sur la zone d’Adra à Almeria (50 Km environ) en blanc ce ne sont que des serres !!!

Vendredi 2 juin – Adra
Sur le coup de quatre heures du matin, nous avons eu droit à un bon coup de vent, qui n’avait pas été prévu par les stations météo que nous consultons. L’eau du port a fortement clapoté contre la coque, le bateau a rué dans ses amarres et la bordure a claqué contre la bôme. Tout s’est calmé une heure après, quand la pluie s’est mise à tomber.
La journée a été occupée à diverses tâches récurrentes (lessive, courses et farniente….).

Samedi 3 juin – Adra / Motril
Le léger voile vert, posé par les pluies sur les montagnes, tourne maintenant au brun, sur les montagnes toujours aussi pelées. Mais près du rivage et le long des pentes apparaissent maintenant en quantité des traits horizontaux blancs qui sont des serres de plus en plus nombreuses. Notre escale suivante pourrait bien être notre point de retour vers l’est et le nord. Mais auparavant, nous avons prévu de faire du tourisme dans les belles villes de Grenade, Séville et Cadix avec une voiture de location. 
La petite marina familiale  de Motril est nichée dans un coin du grand port, à côté du quai du ferry pour les Baléares. Les marineros nous ont fait signe de nous amarrer cul à un ponton assez sommaire. Emile a préféré nous amarrer le long du ponton, au bout. Roberto le patron des lieux, ainsi que son équipe se sont montrés très accueillants et conciliants.
Nous avons récupéré notre petite Opel Corsa de location, qui semble bien fatiguée, mais fera l’affaire. Nous sommes allés jusqu’à Salobreña que Mar (l’épouse de Roberto) nous avait recommandée. C’est une jolie petite ville toute blanche, sur une colline coiffée d’un château. Les ruelles sont étroites, très tortueuses et très pentues. Nous sommes montés en voiture dans le labyrinthe et avons fini par demander à Maps de nous sortir de là. Vive les GPS (une fois de plus).

Dimanche 4 juin – Motril (Grenade par la route)
Départ le matin pour Grenade à environ 70 km dans les terres. Les voies de l’autoroute (gratuite) sont séparées par une haie de lauriers roses . Cap sur le parking de l’Alhambra (sa visite est réservée pour demain lundi). De là nous avons pris le petit train touristique pour faire le tour de la ville (nos dents ont appris à jouer des castagnettes au passage des ralentisseurs et sur les pavés, faute d’amortisseurs).
Nous sommes descendus près de L’Albaicin et nous avons marché jusqu’au monastère de la Cartuja. Là nous avons repris le petit train et sommes descendus dans la vieille ville, où nous avons déjeuné. Nous nous sommes régalés avec les plats servis au restaurant « Parole ». Puis nous avons repris une dernière fois le petit train pour finir la boucle et retourner au parking. 
Emile nous a fait faire un très beau détour sinueux dans les contreforts de la Sierra Nevada, en passant par Lanjaron, Orgiva et les bords du barrage « Presa de Rules » avant de rentrer à Motril.