Lundi 17/4 – Le Lavandou / La Ciotat
Après avoir dépassé les îles du Levant, nous avons retrouvé la pleine mer et une bonne houle venant du large.
Lorsque nous approchons de La Ciotat, la capitainerie nous indique que nous devrons nous amarrer devant un grand voilier en alu, sans plus de précisions… Surprise, quand nous nous en approchons, Emile se rend compte que c’est le bateau de Mike Horn, le Pangaea, quelle coïncidence! En effet, lors du périple nordique d’Emile en 2002, à son arrivée à Tromsö, tout au nord de la Norvège (70° Nord) quelle ne fut pas sa surprise d’entendre en bon français : « vous voulez que je vous aide pour les amarres ? » C’était Mike Horn …. qui préparait son tour du globe, le long du cercle polaire arctique (avec un autre bateau en alu, plus petit…)! Récemment Emile a vu à la télé un reportage d’ Hugo Clément « Sur le front » où le Pangaea était skippé par le navigateur Bernard Stam de Saint Pabu, dans le but de récupérer dans les glaces Mike Horn et son copain norvégien, épuisés tous les deux, après leur exploit de marche avec traineau au Pole Nord…
Pangaea est maintenant à La Ciotat pour des réparations, remplacement du gréement notamment, mais pas de Mike Horn à bord, dommage, on lui aurait bien offert un café!





















Mardi 18 avril – La Ciotat / Sète
A notre départ de La Ciotat, le soleil s’apprêtait à se lever, peignant de rouge le Bec de l’Aigle, que nous avons contourné. C’était magnifique. Une fois rendus de l’autre côté, nous avons retrouvé la pleine mer, qui était bien plate et nous nous sommes lancés dans la longue traversée jusqu’à Sete, pour éviter le delta du Rhône. Nous avons laissé Marseille dans sa brume lointaine, puis les marécages de la Camargue. Devant nous la mer fermait l’horizon d’un trait rectiligne. Nous avons progressé pendant des heures, avant de distinguer une petite colline dans le lointain.
Mais même si loin des côtes, nous avons eu la surprise de voir un bateau de pêcheurs converger vers nous depuis notre bâbord gauche, à douze noeuds, imperturbable. Nos deux routes se croisaient exactement au même point…. de collision. J’ai regardé avec les jumelles et vu qu’il n’y avait personne dans le poste de pilotage. Emile a sauté sur les gaz et la roue pour faire une manoeuvre d’évitement et le bateau est passé juste devant nous, trainant son chalut. Nous avons vu que les deux marins étaient à l’arrière à s’occuper du filet. Effectivement, personne ne pouvait voir où les menait leur trajectoire. Nous avons attendu la fin du passage du chalut devant notre proue, avec sa cohorte de mouettes suiveuses et nous avons repris notre route, avec un soupir de soulagement. Aucun autre bâtiment n’a fait mine de nous éperonner ensuite.
Nous sommes arrivés à Sète juste après dix-huit heures et la capitainerie était fermée. Mais nous connaissions l’emplacement qui nous était réservé et nous nous y sommes glissés sans problème, avec l’aide du couple du voilier voisin pour attraper les amarres. Petite balade sur la grande digue, écourtée en raison de la fraîcheur après le coucher du soleil.























Mercredi 19 avril – Sète
Journée pause à Sète. Visite au marché aux fleurs, au marché couvert, resto « Du Côté de chez Fred » et balade sur la promenade et la colline de la ville.















Jeudi 20 avril – Sète / Port Vendres
Comme pour la navigation précédente, nous avons coupé par la voie directe, sans suivre la côte qui s’est perdue dans le lointain. Nous avons rencontré une zone de brume assez étendue. Nous avons allumé tous les feux de navigation et mis le radar en route. Mais il y avait nettement moins de circulation dans la zone que la veille. Quand la nappe de brume a été dépassée, nous avons aperçu la ligne découpée des Pyrénées devant nous. Nous sommes passés devant la ville de Collioure et sommes entrés un peu plus loin dans le Port Vendres, où on nous a fait amarrer le long du quai. Un catamaran Outremer 51 tout neuf est venu s’amarrer derrière nous ensuite (un jeune couple avec trois très jeunes fillettes, en partance pour un tour du monde).
















Vendredi 21 avril – Port Vendres (Collioure)
Nous avons pris le petit train touristique pour relier Collioure. Le temps d’un tour dans la vieille ville, d’un bon restaurant et le vent allié à une température fraiche nous ont poussés à retourner au bateau. Nous avons terminé la boucle avec le petit train, par les collines et leurs beaux points de vue. Le coup de vent prévu par la météo est arrivé dans la nuit, avec ses rafales furieuses qui soulevaient le côté bâbord du bateau, nous poussant contre le quai.



























Samedi 22 avril – Port Vendres
Le matin un énorme voilier de croisière s’amarre au quai opposé du port, poussé par un remorqueur. Journée farniente pour nous (lessive tout de même au lavomatic). Pas d’eau disponible sur le quai, restrictions sècheresse obligent. Les Pyrénées orientales sont l’un des départements les plus touchés en France.


Dimanche 23 avril – Port Vendres / La Escala (Espagne)
Nous avons quitté Port Vendres de bonne heure. L’équipage du EastWest nous a fait de grands signes d’au-revoir. Nous sommes passés devant un gros cargo arrivé dans la nuit, chargé de bananes. Puis nous avons progressé vers l’Espagne et passé la zone frontière. J’ai accroché le pavillon de courtoisie espagnol, comme il se doit. Nous avons dépassé Cadaques et son musée Salvadore Dali, Rosas, les collines et falaises arides.
Nous avons atteint notre port de destination: l’Escala. Le port se trouve à l’extrémité de la ville (45 mn à pied). Deux marineros en voiturette électrique sont venus nous indiquer notre place et attraper les amarres. Ils ont même attaché la pendille. Puis ils ont emmené Emile dans leur véhicule jusqu’à la capitainerie et l’ont raccompagné. Service impeccable! Le propriétaire du voilier voisin a discuté avec nous, un français qui possède une résidence secondaire dans cette ville.
Nous sommes allés faire un tour à pied. Quasiment tous les gens que nous avons croisés parlaient français. Lieu de prédilection pour eux, semble-t-il. Pourtant la ville n’a rien de très esthétique (vue du port du moins).
Un gros nuage très noir s’amassait sur les Pyrénées et s’étalait à vitesse grand V dans notre direction. Nous sommes rentrés en vitesse. Heureusement, car des éclairs, pluie et grêlons n’ont pas tardé a tomber sur le bateau. Quand l’orage s’est décalé, nous avons rempli le réservoir d’eau, puisqu’ici il n’y a pas de restrictions, pour le moment. Mais pas question de la boire, d’après plusieurs sources locales.

Romain et sa famille….




















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