Semaine du 19 au 25 juin 2023

Lundi 19 juin – Denia
Journée farniente, nous en avions bien besoin tous les deux et nous l’avons appréciée. Nous sommes restés au bateau, hormis une balade en fin d’après-midi dans les environs. Emile a commandé en France une ancre Spade de 55 kg pour remplacer l’ancre conventionnelle de 40 kg, actuellement à poste et vraisemblablement sous-dimensionnée pour nos quelques 28 tonnes. La nouvelle ancre devrait arriver jeudi à Denia.

Mardi 20 juin – Denia (Alicante en voiture)
Nous avons traversé des collines verdoyantes puis plus sèches pour arriver à Alicante. Des rues étaient barrées un peu partout, empêchant l’accès de certains parkings. Nous en avons trouvé un à la marina, près du centre historique. Après le déjeuner, nous avons déambulé le long de la « Esplanada de España »,  plantée de palmiers et autres caoutchoucs gigantesques. Une affiche nous a appris que nous étions dans la période des « Fogueres de la Sant Joan » (feux de la St Jean), ce qui a expliqué toutes les rues fermées et les scènes de personnages hauts en couleurs, installés sur les rond-points, aux croisement et autres places du centre. Ces énormes figures en carton et bois « Hogueras » seront finalement brulées la nuit de la St Jean.
Ensuite nous avons pris la direction d’Elche (ou Elx), qui est connue pour son immense palmeraie et ses jardins. Nous nous sommes garés près de l’un d’eux et avons pu voir des palmiers, des palmiers et encore des palmiers. Nous sommes rentrés à Denia par la côte, en passant au-dessus de Benidorm, la ville aux nombreux gratte-ciels, que nous avions vue de la mer. La chaleur est arrivée: 30°C au bateau, dedans comme dehors.

Mercredi 21 juin – Denia
Nous avons décidé de voir la côte, au nord de Denia (en vert sur la carte Michelin, donc à voir). Nous avons traversé une longue zone d’hôtels et de résidences de vacances, à l’écart de la mer. Puis nous sommes tombés sur un cul de sac au bord d’un petit rio, sans pont. La bifurcation pour rejoindre la nationale est digne des routes d’Albanie. Nous avons persévéré jusqu’à Oliva, une petite ville balnéaire, sans charme particulier. Fin de l’exploration, courses et retour de la voiture au loueur.

Jeudi 22 juin – Denia
Un marinero et moi avons aidé Emile à retirer l’ancre que nous voulons remplacer de son logement (en utilisant la drisse de spi, avec et un winch de l’arrière). Puis il l’a désolidarisée de l’émerillon de la chaîne et je l’ai rangée et bien attachée dans le coffre avant. Ensuite nous avons attendu la livraison de l’ancre Spade, commandée en France. Qui nous a fait faux bond ce jeudi, problème de livraison. Grande douche du bateau et lessive ont occupé le reste de la journée. Emile a branché la climatisation pour la première fois cette saison (ça fait du bien quand il fait 33°C dehors et dans le bateau).

L’ancre d’origine

Vendredi 23 Juin – Denia
L’ancre Spade nous a finalement été livrée sur palette, après déjeuner. Nous l’avons déballée, montée à bord et installée (avec un peu d’aide de nos voisins). Emile était confiant sur la compatibilité, mais j’ai été soulagée qu’elle s’adapte au davier existant. Sa couleur jaune se marie avec nos oiseaux de la proue (la classe!). Reste à la tester maintenant, sur un vrai mouillage forain, autour d’Ibiza, sans doute).
Toute une équipe de tournage de film a investi notre quai. Une vingtaine de personnes tournaient autour d’une jeune femme, qui faisait un speech d’une ou deux minutes devant le port, pendant que des figurants passaient près d’elle. La prise a été recommencée au moins cinq fois, avant que tout le monde déménage de l’autre côté de la capitainerie. Joli coucher de soleil sur les palmiers illuminés de la marina, pour finir la journée.

Samedi 24 et dimanche 25 juin – Denia
Nous sommes prêts à retourner à Ibiza, mais nous décidons d’attendre la fin du week-end, en espérant y trouver un peu moins de monde au mouillage. La chaleur est bien arrivée cette fois et la climatisation est la bienvenue, particulièrement la nuit.

Semaine du 12 au 18 juin 2023

Lundi  12 Juin – Aguadulce / Aguilas
Départ de bonne heure, pour une longue nav de 70 milles nautiques.  Nous avons glissé sur la mer calme, toute la journée dans un camaïeu de gris, propulsés par notre fidèle moteur Volvo, qui nous est d’une grande utilité en Méditerranée, car trop souvent pas de vent ou alors trop de vent.  Le soleil n’a pas daigné se lever et une petite brume est restée ambiante. Pas top pour les photos, mais j’ai déjà fait les meilleures a l’aller. 
Arrivée a Aquilas au port privé Juan Montiel, protégé par le grand mur doté de panneaux solaires. Accueil mini de la part du marinero et de la capitainerie. Non! Nous n’avons pas droit au mini golf, ni a la piscine, réservés a l’hôtel (même s’il n’y a personne). Même le propriétaire des lieux ne tourne pas la tête vers nous pour nous saluer, lors de sa ronde journalière. Tant pis. Il y a très peu de chances qu’on revienne un jour. 

Mardi 13 juin – Aguilas / Cartagene
Le soleil est de retour et la mer est calme pour notre départ d’Aguilas. En route, nous croisons trois bateaux de pêcheurs, qui trainent leurs filets et un nuage d’oiseaux de mer. À proximité, une troupe de dauphins chasse (hélas ils sont trop vifs pour l’appareil photo Canon, qui ne capture que des vagues). Le vent se lève bien, avant notre arrivée a Cartagene. Cette fois aucun paquebot ne nous protège de ses rafales dans le port. Petite promenade dans la rue principale dallée de marbre.

Mercredi 14 juin – Cartagène / Santa Pola
Comme tous les jours maintenant, pas assez de vent en partant et trop en arrivant. Le juste milieu ne dure pas très longtemps, dommage. Les deux marineros étaient un peu des « bras cassés » à l’arrivée. Ne parlant ni français ni anglais, donnant des ordres sans arrêt et, une fois à bord pour tirer la pendille, se rendant compte combien c’était difficile à cause du vent de travers. Enfin nous y sommes arrivés et Emile est parti à la capitainerie pour faire les papiers et récupérer un adaptateur électrique pour le secteur (c’est fou comme les ports n’arrivent pas à avoir tous le même type de prises), contre caution bien sûr (100€ quand même).
Moi je suis allée en ville, acheter un pot de peinture bleu clair, pour masquer quelques petite écorchures sur le wrapping de la coque. Il faudra sans doute sortir l’annexe pour accéder aux endroits à cacher, notamment à la proue, où l’ancre a éraflé le wrapping à plusieurs endroits. Nous ferrons ça à Ibiza, que nous devrions atteindre en fin de semaine. Avant que les vacanciers et fêtards juilletistes et aoûtiens ne viennent l’envahir.

Jeudi 15 juin – Santa Pola / Calpe
Nous avons relié Santa Pola à Calpe avec une mer belle et un ciel bleu. Après la côte basse au niveau de la mer intérieure, nous avons retrouvé les falaises abruptes, les petits villages perchés et des grandes villes aux gratte-ciels imposants, comme Benidorm. 
Calpe n’est pas en reste, côté tours et bâtiments en hauteur. Mais aucun ne peut rivaliser avec l’immense rocher, qui surplombe la ville et le petit port, où nous avons trouvé un ponton pour la nuit. 
Nous avons fait un gros approvisionnement alimentaire et en eau, en raison du peu de ports disponibles à Ibiza et pour pouvoir faire face à une suite de mouillages forains. Petit nettoyage des panneaux solaires, vitres et autres hublots du bateau aussi. Toujours pas de grand lavage au jet, hélas. Grand concert interminable des myriades de goélands qui nichent dans les falaises au-dessus du port.

Vendredi 16 juin – Calpe / Sant Antoni (île d’Ibiza)

Encore un départ de bonne heure, pour une longue étape, jusqu’à Ibiza. Belle mer et grand ciel bleu, pour doubler le rocher monumental de Calpe et commencer de nous éloigner de la côte continentale de l’Espagne. 
Après une paire d’heures de navigation, nous croisons une enfilade de bateaux semblant se diriger vers Gibraltar à la queue leu leu. Mais en nous approchant, nous constatons qu’il s’agir de grosses vedettes à bord desquelles des gens pêchent à la ligne. Un concours de pêche doit être en cours. En effet, nous avons vu aussi des bancs de poissons faire mousser l’eau en surface. Plus tard, nous croisons un groupe de dauphins. 
Ibiza apparait dans la brume au loin et se rapproche petit à petit. L’ile est couverte de collines verdoyante. Nous contournons les rochers épars et entrant dans la baie de Sant Antoni. Un pêcheur dans sa barcasse nous accompagne un moment, pour s’abriter du vent transversal derrière notre coque. Au fond de la baie, nous atteignons la marina et nous amarrons à un catway, donnant directement sur la baie et déjà occupé par de grosses unités. 
A la capitainerie, surprise, le tarif déjà exorbitant de 169€ annoncé par téléphone, a grimpé à 269€ en raison de la largeur du bateau qui pour 10 cm de plus passe dans la catégorie des catamarans. Emile négocie et obtient le premier tarif, pour cette fois seulement. On nous remet un bracelet pour ouvrir les portes, un petit sac publicitaire et un bon pour une coupe de champagne au bar de la marina. Mais au bar, impossible de changer pour un jus de fruit. 
Sur le front de mer nous croisons des  hordes de jeunes filles en shorts, paillettes et hauts le moins visibles possible et des groupes de jeunes-gens expansifs, sur fond de musique et d’ambiance festive. De retour au bateau, nous voyons rentrer au port des files de voiliers, vedettes et autres scooters des mers, ne respectant pas la limitation de vitesse et créant un remous constant dans le port. Décidément… ce haut-lieu de la jet-set n’est pas fait pour nous.

Samedi 17 juin – Port de Sant Antoni  (Ibiza) / baie de Sant Antoni
Dans un premier temps, nous avons mis le cap sur Formentera, où se trouvait « Ptipoa »  le catamaran rencontré à Arenys. Mais en cours de route, en fonction des conditions météo, nous avons décidé de chercher une baie plus abritée. Nous avons rebroussé chemin jusqu’à un recoin de l’immense baie de Sant Antoni. Nous avons jeté l’ancre au milieu de voiliers et yachts déjà installés. Nous sommes restés toute l’après-midi, mais en soirée, il est devenu évident que l’ancre dérapait et le yacht proche nous a klaxonnés. Nous avons donc levé l’ancre et nous sommes allés dans une anse voisine, où il y avait davantage d’espace pour mouiller avec un bon bout de chaîne, car les bateaux commençaient à rentrer pour la nuit. Cette seconde anse était moins jolie que la première, mais notre mouillage a été réalisé dans de meilleures conditions et il a tenu toute la nuit. Hélas, nous étions à l’abri du vent mais pas de la houle….. qui nous a bercés. L’alarme de dérapage d’ancre n’a pas sonné.

Dimanche 18 juin – Calla de Horte (Ibiza) – Denia (Espagne continentale)
Nous avons progressé dans notre tour de l’île pour revenir à l’endroit où nous avions fait demi-tour la veille, une petite baie où retrouver « Ptipoa » . Nous sommes arrivés en premier. La baie était déjà assez encombrée de bateaux au mouillage et nous avons dû nous y reprendre par deux fois pour nous installer à un emplacement libre, en visant du sable à côté d’un champ de posidonies.
Jo et Aurélia. sont arrivés vers 13h00 et ont trouvé un espace proche, d’où un bateau venait de partir. Ils ont mis leur annexe à l’eau et sont venus à bord prendre l’apéro, avec leurs deux jeunes enfants (Louna et Ayden). Heureux moment de convivialité, tandis que notre bateau opérait des circonvolutions autour de l’ancre, en raison d’un vent très fluctuant. 
Après le départ de nos invités, nous avons dû nous rendre à l’évidence, l’ancre dérapait. En plus, d’autres bateaux étaient venus s’intercaler, parfois très près. Refaire le mouillage devenait obligatoire, mais problématique avec notre ancre, la posidonie à éviter et le peu d’espace. Chercher une autre baie était illusoire, vu le nombre de bateaux entassés dans la nôtre, et ceux qui cherchaient encore un refuge.
Emile a pris le taureau par les cornes et m’a proposé un retour sur le continent, pour s’installer dans un port, le temps de commander et recevoir une ancre concave Spade (comme celle de notre précédent Moody). J’ai convenu du raisonnable de la proposition et y ai adhéré, contre la promesse d’un retour prochain à Ibiza. 
Nous avons donc levé l’ancre et mis le cap direct sur Denia, le plus proche port continental. Nous sommes partis vers 16h30 et arrivés à minuit, après avoir croisé quelques gros ferries et nous être faits secoués par une houle désordonnée. 
Un marinero nous attendait et nous avons retrouvé la même place qu’à notre précédent passage. Emile a pu dormir sur ses deux oreilles et moi aussi, quand le lit a fini de tanguer, comme le quai où j’avais eu du mal à marcher droit.

Semaine du 5 au 11 juin 2023

Lundi 5 juin – Motril (visite à l’Alhambra de Grenade)
Nous avons visité les nombreux monuments et jardins de l’Alhambra. D’abord le Generalife ses terrasses, jardins arborés et fleuris plantés de pièces d’eau. Nous avons jeté un très rapide coup d’oeil au Palais de Charles Quint, rajout mastoc qui semble incongru dans l’élégance ambiante. Puis j’ai escaladé les diverses tours de l’Alcazaba et profité de la vue panoramique sur la ville de Grenade et l’Alhambra. Nous avons fini la visite par la pièce maitresse, le Palais des Nesrides (avec une excellente guide). Les sultans privilégiaient la décoration intérieure et il n’ont pas fait dans la demi-mesure, notamment avec les plafonds en stalagmites. Il a été dur de choisir un nombre limité de photos pour le blog, sur les 310 que j’ai prises. Cet endroit est magnifique.
Au retour à Motril, nous avons vu de loin une fumée noire et des flammes provenant du port, à quelques centaines de mètres de la marina et tout près des cuves à hydrocarbure. Mais nous n’avons entendu aucune sirène de pompier. Ce serait un énorme tas de vieux pneus qui aurait brulé ainsi toute la nuit.

Mardi 6 juin – Motril
Repos au bateau.

Mercredi 7 juin – Seville (en voiture)
Pluies intermittentes durant les 300 km de route pour aller de Motril à Séville. Uniquement de l’autoroute dans les montagnes au départ, puis dans la plaine, entre une haie de lauriers roses en fleurs et des oliveraies, à perte de vue. 
Notre hôtel « Catalonia Santa Justa » s’avère confortable+, notre chambre donnant sur un patio fleuri et agrémenté d’un bassin avec jets d’eau (arrêt du gazouillis de l’eau pour la nuit). 
Déjeuner a l’hôtel, puis exploration pleine de surprises de la ville ancienne avec pour commencer son « Metropol Parasol » tout en rondeur, champignon hallucinogène démesuré et anachronique. Puis l’immense cathédrale et sa Giralda (sorte de clocher), bâtie sur une mosquée, dont des parties restent intégrées a l’ensemble. Cohabitation un peu surprenante. Seville compte un grand nombre de monuments dont une bonne partie religieux. Nous gardons la visite de l’Alcazar pour le lendemain (billets réservés). Détour par les rives du Guadalquivir et les arènes. Puis bar à tapas pour un dîner typique (un peu trop gras). Nous sommes toujours un peu en déphasage avec les horaires de repas en Espagne. Le déjeuner est rarement servi avant treize, voire quatorze heures. Les tables de restaurants restant occupées jusqu’a seize, dix-sept heures. Et le diner n’est jamais servi avant vingt, voire vingt-deux heures le we. Nos habitudes alimentaires réduisent donc notre choix à un petit nombre de cafétérias et bars a tapas ne figurant pas parmi les mieux cotés par les utilisateurs. Mais ventre affamé n’a pas d’oreilles. 

Jeudi 8 juin – Seville (en voiture suite)
Mauvaise surprise au réveil, il pleut. Nous prenons notre petit dej dans un salon de thé voisin, pour 4,50€ au lieu des 30€ pour deux  à l’hôtel. 
Puis nous nous lançons sous la pluie avec nos kways et nos sandales. Un petit bazar vend de parapluies pliants a 4€ l’unité. Nous nous équipons et slalomons entre les marres des rues pavées jusqu’à l’Alcazar.
Une file d’attente couronnée de parapluies s’étend déjà devant l’entrée. Nous n’attendons pas trop longtemps heureusement. Nous visitons sans guide et enfilons salles aux décors fastueux sur salles du même acabit. Nous passons par des patios fleuris où des fontaines crachent des jets d’eau. Les decorations des plafonds rappellent beaucoup celle de l’Alhambra. Les jardins aussi présentent des similarités, à part l’absence de soleil. Heureusement la pluie a cessé. Mais il faut éviter les flaques de pluie et les zones boueuses où les chaussures s’enfoncent.  Paëlla bien chaude et thé brulant nous rendent ensuite quelques degrés de température. 
Nous trouvons ensuite un taxi, qui a notre demande fait un détour par les arènes, des théâtres et autres monuments avant de nous déposer a l’hôtel.

Vendredi 9 juin – Près de Tarifa (Meson de Sancho) en voiture
Apres le petit déjeuner au salon de thé voisin, nous avons quitté notre hôtel 4 étoiles de Seville. Jamais vu une salle de bain équipée d’un pèse personne avant. 
Nous avons pris la route de Cadix au bord de l’Atlantique. La route traverse des champs d’oliviers de tournesols et d’éoliennes, en très grande quantité, à la grande satisfaction d’Emile. 
A Cadix nous avons un peu tourné avant de trouver une place semblant « interdite » mais on a fait ceux qui ne comprenaient pas. Nous avons parcouru des ruelles de la vieille ville (très jolies avec les balcons en fer forgé et ses bâtiments blancs). Ensuite nous avons encore tourné pour trouver une chambre d’hôtel dans Tarifa. Mais tout était complet pour le début du week-end. Nous avons quitté la ville après un rapide coup d’œil aux côtes africaines toutes proches. Nous avons enfin trouvé une chambre à la Meson de Sancho sur les hauteurs de Tarifa, un hôtel un peu désuet dans la végétation luxuriante d’un repli de montagne. Diner a l’hôtel (cuisine encore trop grasse). Par contre, l’endroit est super calme. 

Samedi 10 juin – Motril (de retour au bateau) / Adra
Nous laissons la verdure de la « Meson de Sancho » derrière nous. Nous jetons un rapide coup d’oeil, depuis l’autoroute, à Algésiras (souvenir, souvenir, pour moi) et au rocher de Gibraltar, de l’autre côté de la baie, dans une légère brume. Nous mettons le cap retour, en passant aussi rapidement au-dessus de Marbella et Malaga, qui ne nous attirent pas trop, avec leurs enfilades de complexes touristiques agglutinés en front de mer.
Quand nous arrivons à Motril, la route du port est toute encombrée de barrières, en vue d’un marathon prévu dans l’après-midi. Nous arrivons tout de même à convaincre la maréchaussée de nous laisser passer avec nos courses. Pendant que nous déjeunons, un meeting aérien déploie des évolutions de voltige devant nos yeux.
Ensuite, nous rendons la voiture. Et comme nous nous retrouvons au bateau avec le plein d’eau et prêts au départ, nous larguons les amarres sur le champ, au lieu d’attendre le lendemain matin. Cap vers l’Est, Motril était notre port le plus à l’ouest et au sud de l’Espagne.
Petite nav bercée par la houle et un vent d’ouest assez fort par moments, jusqu’à Adra, où nous retrouvons le fameux ponton hérissé de fils de nylon anti-oiseaux, le marinero de garde et l’occupant de « Tresor », le bateau décoré, qui n’a pas bougé depuis notre passage.

Dimanche 11 juin – Adra / Aguadulce
Nous avons quitté Adra pour une autre navigation assez courte jusqu’à Aguadulce, près d’Almeria (le pays des serres). Houle dès le départ et qui s’est renforcée avec le vent à mi-parcours. 
C’était dimanche et les marineros d’Aguadulce nous ont fait attendre un bon moment à l’entrée du port, où le vent soufflait encore en rafales de 25 noeuds. Ils sont enfin arrivés, alors que nous envisagions ressortir du port. Nous avons été bien contents une fois solidement amarrés au quai contigüe à la station service.
Musique forte et ambiance de vacances dans les bars du port et de la plage. Et discussions interminables toute la nuit, sur le quai.

Semaine du 29 mai au 4 juin 2023

Lundi 29 mai – Cartagène
Nous avons laissé derrière nous Santa Pola, escale sympathique, et avons fait une autre assez longue navigation, qui nous a menés à Cartagène (Espagne). Une carte du monde est dessinée sur le sol d’une de ses places, où sont indiquées toutes les villes du monde portant le même nom. La plus grande quantité se trouve aux US. 
Le voyage s’est bien passé, toujours avec une petite houle. Le paysage était assez lointain, plat et brumeux au départ, pour se rapprocher ensuite et devenir montagneux, pelé, désertique, mais avec un voile de vert (peut-être en raison des dernières pluies).
Nous avons contourné les îles Hormigas, réputées pour leur faune marine. L’espace est protégé et les espagnols en sont très fiers. Par contre dans les terres se trouve une mer intérieure assez grande « Mar Menor », qui est morte à cause de la pollution due aux nitrates et phosphates de l’agriculture intensive.
L’entrée du port de Cartagène est occupée par un complexe industriel avec d’énormes cuves, derrière une très longue digue et sur fond de carrière. Pas le plus romantique. Le vent s’était levé risquant de rendre délicate la manoeuvre dans le port de plaisance. Mais le marinero nous a fait amarrer sur un catway, à l’abri d’un gros paquebot en escale.
Nous sommes allés marcher dans la vieille ville aux  rues pavées de marbre et bordées d’immeubles aux balcons fermés « cierros » et surchargés de décorations. La ville contient des ruines romaines, en cours de restauration et inaccessibles (pour celles que nous avons essayé de voir). Nouvelle exploration prévue demain matin.

Mardi 30 mai – Cartagène / Aguilas
Comme la navigation du jour serait assez courte, j’ai pu aller faire un tour dans Cartagène, avant le départ. Emile planifiait la suite de notre voyage et réglait les formalités de port. 
Je suis montée sur le promontoire du château, d’où on a un panorama sur la ville. Le lieu est investi par les paons. Mâles et femelles se pavanaient un peu partout, en appelant toujours le fameux « Léon », qui jamais n’arrive. Puis, j’ai tenté la Casa de la Fortuna. Mais elle a dû faire faillite, car je n’ai trouvé que des immeubles sans intérêt et fortement décrépis. J’ai continué jusqu’aux arènes, en restauration, avant de rentrer au bateau.
Le trajet a été une alternance de montagnes pelées mais couvertes d’un léger voile vert et de zones récemment construites d’ensembles de maisons ou d’immeubles à l’esthétique « spéciale ».
Nous avons navigué sur une mer d’huile au début. Ensuite un souffle de vent a ridé la surface et il s’est levé comme nous arrivions à Aguilas. Nous sommes entrés dans la marina privée Juan Montiel, l’une des deux marinas d’aguilar. Le promoteur n’a pas lésiné sur le béton. Le mur sur la mer doit faire cinq à six mètres de haut. L’avantage c’est que nous avons été à l’abri du vent, dès que nous sommes passés derrière. Cette marina porte le nom de son propriétaire. Elle très bien tenue et adjacente à l’hôtel qui lui appartient également. Un monsieur grisonnant, en costume est passé sur le quai en parlant au téléphone et nous a salués. Vraisemblablement notre hôte dans sa ronde de l’après-midi. Nous avons fait un petit tour dans le quartier. Cette marina est éloignée du centre ville.

Mercredi 31 mai – Aguilas / Santa José
Nous avons fait route vers San José, un tout petit village et port pas plus grand, mais qui présentait l’avantage de se trouver à mi-distance entre deux ports plus grands et dans une large une zone sans refuge. La profondeur du port était insuffisante pour nos 2,70 m de tirant d’eau. La seule place qui pouvait nous accueillir était la station service, à l’entrée du minuscule port. Emile avait obtenu qu’on puisse y passer la nuit, mais en contrepartie, on ne pouvait arriver qu’après 19h00. Nous étions devant le port deux heures avant. Nous sommes allés jusqu’à la plage, où nous avions envisagé de mouiller, mais l’endroit n’était pas très abrité. Nous avons donc laissé dériver le bateau pendant un bon moment. Puis Emile est revenu à la charge auprès de la marina et nous avons pu nous amarrer à la station service à 18h30. Nous en avons profité pour faire le plein.

Jeudi 1er juin – Santa José / Adra
Sortie de bonne heure pour libérer la station service du petit port et nous avions de la route à faire. La première partie du trajet, nous avons longé des rochers et falaises aux couleurs très changeantes: noir, rouge, vert, avec par endroits des touches de blanc incongrues. La formation des lieux a dû être très tourmentée. Puis la côte s’est éloignée, et toutes les parties basses se sont parées d’un nombre incalculable de serres.
La ville d’Adra n’est pas très attirante à première vue, mais son port est bien protégé et notre place le long d’un ponton, est très agréable. Les marineros ont trouvé une astuce pour empêcher les mouettes et goélands de venir souiller les pontons. Ils ont tendu des fils de nylon sur les côtés et ça semble fonctionner (sauf pour les largages en vol).

Vue aérienne maps sur la zone d’Adra à Almeria (50 Km environ) en blanc ce ne sont que des serres !!!

Vendredi 2 juin – Adra
Sur le coup de quatre heures du matin, nous avons eu droit à un bon coup de vent, qui n’avait pas été prévu par les stations météo que nous consultons. L’eau du port a fortement clapoté contre la coque, le bateau a rué dans ses amarres et la bordure a claqué contre la bôme. Tout s’est calmé une heure après, quand la pluie s’est mise à tomber.
La journée a été occupée à diverses tâches récurrentes (lessive, courses et farniente….).

Samedi 3 juin – Adra / Motril
Le léger voile vert, posé par les pluies sur les montagnes, tourne maintenant au brun, sur les montagnes toujours aussi pelées. Mais près du rivage et le long des pentes apparaissent maintenant en quantité des traits horizontaux blancs qui sont des serres de plus en plus nombreuses. Notre escale suivante pourrait bien être notre point de retour vers l’est et le nord. Mais auparavant, nous avons prévu de faire du tourisme dans les belles villes de Grenade, Séville et Cadix avec une voiture de location. 
La petite marina familiale  de Motril est nichée dans un coin du grand port, à côté du quai du ferry pour les Baléares. Les marineros nous ont fait signe de nous amarrer cul à un ponton assez sommaire. Emile a préféré nous amarrer le long du ponton, au bout. Roberto le patron des lieux, ainsi que son équipe se sont montrés très accueillants et conciliants.
Nous avons récupéré notre petite Opel Corsa de location, qui semble bien fatiguée, mais fera l’affaire. Nous sommes allés jusqu’à Salobreña que Mar (l’épouse de Roberto) nous avait recommandée. C’est une jolie petite ville toute blanche, sur une colline coiffée d’un château. Les ruelles sont étroites, très tortueuses et très pentues. Nous sommes montés en voiture dans le labyrinthe et avons fini par demander à Maps de nous sortir de là. Vive les GPS (une fois de plus).

Dimanche 4 juin – Motril (Grenade par la route)
Départ le matin pour Grenade à environ 70 km dans les terres. Les voies de l’autoroute (gratuite) sont séparées par une haie de lauriers roses . Cap sur le parking de l’Alhambra (sa visite est réservée pour demain lundi). De là nous avons pris le petit train touristique pour faire le tour de la ville (nos dents ont appris à jouer des castagnettes au passage des ralentisseurs et sur les pavés, faute d’amortisseurs).
Nous sommes descendus près de L’Albaicin et nous avons marché jusqu’au monastère de la Cartuja. Là nous avons repris le petit train et sommes descendus dans la vieille ville, où nous avons déjeuné. Nous nous sommes régalés avec les plats servis au restaurant « Parole ». Puis nous avons repris une dernière fois le petit train pour finir la boucle et retourner au parking. 
Emile nous a fait faire un très beau détour sinueux dans les contreforts de la Sierra Nevada, en passant par Lanjaron, Orgiva et les bords du barrage « Presa de Rules » avant de rentrer à Motril.

Semaine du 22 au 28 mai 2023

Lundi 22 mai – Valence
Journée pause au bateau.

Mardi 23 mai – Valence (Oceanographic)
Vents violents toute la nuit et mouvements courts mais brusques du bateau, en raison des amarres et pendilles tendues à fond, pour éviter de reculer dans le ponton. Comme les rafales de vent persistent, nous ajoutons une grosse amarre, munie d’un ressort métallique, empruntée au propriétaire de l’emplacement.
En bon capitaine, Emile reste sur le bateau, pour palier tout potentiel problème. Je saute sur la terre ferme, pour me rendre à l’aquarium dont la publicité dit qu’il est le plus grand d’Europe. Visite de la partie tropicale et ses petits poissons bariolés (comme ceux de Nelle Calédonie), je reste longtemps dans, les tunnels transparents traversant les aquariums peuplés de requins, raies, tortues. Puis visite les pingouins, éléphants de mer, crocodiles…etc. Le ticket inclut un show de dauphins. Ils semblent bien s’amuser à faire des pirouettes incroyables et réclamer leur récompense. Mais ils sont en prison, comme tous les autres pensionnaires y compris les oiseaux dans la volière. Je culpabilise un peu de participer à leur enfermement et d’y trouver du plaisir.
A midi les serveurs du restaurant sont assistés de deux robots qui transportent sur quatre petite étagères, les plats commandés et remportent la vaisselle sale. Le petit écran supérieur affiche des yeux ronds et un sourire ou le numéro des tables à servir. Ils se déplacent sur leurs roulettes de façon un peu saccadée, mais sans entrer en contact avec les tables, ni les clients.
Pour finir, j’ai voulu aller au cinéma en « 4D ». Mais je n’expérimenterai pas la sa 4e dimension, car les séances étaient terminées et l’écran remplacé par un vaste aquarium. Pour me convaincre que la visite était finie, le ciel s’est mis à déverser un déluge de pluie. Au moins le vent s’était calmé.

Mercredi 24 mai – Valence (Cité des Sciences)

Nous avons jeté notre dévolu sur l’un des plus futuristes bâtiments de Valence, celui qui abrite la Cité des Sciences. Nous avions zappé que nous étions mercredi et des enfants de tous âges débarquaient en même temps que nous, en hardes bruyantes et nombreuses. 
Nous avons exploré les lieux. Le premier étage est dédié à certains grands savants espagnols. Quelques objets et photos illustrent de nombreux textes, dont très peu sont traduits en anglais (français, n’y pensons même pas). L’étage supérieur est dédié à la vulgarisation scientifique pour les enfants, avec des applications ludiques. Un large espace concerne la conquête spatiale, avec des maquettes de fusées et modules et explique les projets de la conquête de Mars. Mais tout est écrit en espagnol et en catalan, ce qui a fortement accéléré notre rythme de progression. Nous sommes sortis un peu déçus tous les deux. Petit restaurant pour se requinquer et retour au bateau. Le soleil s’est levé mais pas le vent. La température en a profité pour monter et nous pour retirer kways, doudounes, pantalons et chaussures de marche.

Jeudi 25 mai – Valence / Denia
Nous n’avons pas vu le soleil de la journée. Le ciel était resté gris et brumeux pendant toute notre traversée depuis Valence.
Une fois arrivés dans la petite station balnéaire de Denia, nous sommes partis faire un tour à pied. Nous avons contourné la marina et le port pour atteindre la ville ancienne au pied du « château » campé sur la hauteur. C’est là que la pluie s’est invitée. Après avoir vainement cherché à acheter un pull, Emile a opté pour un parapluie pliant et j’ai mis la capuche de mon kway. Ce n’est pas la météo que nous attendions de l’Espagne, depuis le début de notre séjour dans ce pays d’ailleurs.

Vendredi 26 mai – Denia / Santa Pola
Le soleil avait entendu notre plainte, il s’est levé pour notre départ et pour éclairer les impressionnantes falaises rocheuses qui ont bordé la première partie de notre route. Ensuite, nous avons coupé au plus court ou presque jusqu’à l’île Tabarca (la plus petite ile habitée de Méditerrannée, parait-il) laissant au loin la côte qui s’incurvait. Nous avons contourné tout un tas de zones (indiquées sur la carte, sans explication sur leur objet) et des zones de hauts fonds, avant d’arriver à Santa Pola, en même temps qu’une imposante flottille de bateaux de pêche et une navette, tous aussi pressés les uns que les autres. Le vent était assez fort dans le port et l’emplacement étroit entre les pendilles d’un Amel et d’un autre bateau hollandais. Mais le capitaine, même fatigué après une longue journée de navigation, a su viser juste. Les marineros ont été très sympathiques avec nous, ainsi qu’une des dames de la capitainerie, qui s’est fait un plaisir d’échanger en français avec Emile, pour lui communiquer toutes informations utiles sur Santa Pola. La navigation avait été longue et agitée par la houle. Il était déjà tard et nous ne sommes pas ressortis ensuite.

Samedi 27 mai – Santa Pola
Le vent a été très très violent toute la journée. Au point qu’on doive faire très attention pour emprunter la passerelle. L’orage a aussi grondé à plusieurs moments de la journée. Il semblerait que cette météo soit inhabituelle ici à cette époque.
La pluie de la nuit avait laissé une couche de sable rouge (sans doute venu d’Afrique assez proche) sur les bateaux. Nos voisins respectifs ont passé le jet sur leur pont pour l’éliminer. Mais d’autres pluies sont prévues. Autant attendre la fin de la période de pluie, pour préserver la ressource. 
Nous avons bravé le vent pour faire un tour dans la ville. Une rue du centre était coupée, car un palmier était tombé sur une voiture en stationnement et des ouvriers étaient en train de débiter le tronc en morceaux. La pauvre voiture était toute écrasée. Comme il n’y avait ni ambulance ni pompiers, il ne devait y avoir aucun blessé. Nous avons privilégié les rues, où nous étions assez abrité du vent et nous avons marché jusqu’à l’endroit où commencent les salines. Mais le lieu est entouré de grillages et la porte était fermée. Nous avons aperçu quelques flamants « blancs » de loin. Ici aussi les rues sont larges, les places immenses. Un parc propose une réplique des voies de circulation et panneaux de signalisation, à taille réduite, pour l’éducation des enfants au code de la route. Quasiment toute la rangée d’immeubles du bord de mer présente des rez-de-chaussée sur pilotis qui servent de parkings et mettent les habitations à l’abri d’éventuelles inondations et de la montée inéluctable du niveau de la mer.

Dimanche 28 mai – Santa Pola
Le vent est tombé, la pluie a cessé et l’orage aussi. Le pont du bateau est de nouveau tout recouvert de sable du Sahara. Aucune pluie n’étant prévue, nous sortons le jet d’eau pour doucher Heolia. Ce n’était pas du luxe.
Nous sortons de la belle marina avec ses toiles d’ombrage sur les parkings et sa végétation exotique. Le quai suivant est voué aux nombreuses vedettes à touristes, pour l’île de Taberca, leurs escaliers d’accès et en face les guérites de vente. Comment une si petite île peut-elle supporter autant de monde en été? Pour le moment, la plupart des navettes restent en attente d’amateurs.
Nous partons voir le « château » local. Bizarrement il se trouve au milieu de la ville, qui est toute plate. On se serait attendu à le trouver au bord de l’eau, où le guet aurait pu voir arriver les pirates et les barbares….. Le plan du château est un carré avec une immense cour à l’intérieur, un chemin de ronde sur les remparts et des tours avec deux portes sur l’extérieur. Vauban n’est pas passé par ici.
Puis nous nous installons à une terrasse de café pour prendre une boisson. La gérante est française. Elle et son mari sont installés ici depuis huit ans. Ils partagent leur temps entre l’Espagne et la Savoie en hiver. Elle nous confirme que la météo était très spéciale cette année.

Semaine du 15 au 21 mai 2023

Lundi 15 mai – Castellon de la Plana

Emile est parti en taxi, chercher la voiture de location à Perpette et l’après-midi, nous avons fait un gros avitaillement dans le grand Carrefour de la localité. Entrer et sortir de la marina en voiture comme à pied est un peu sportif, car le badge qu’on nous a remis ne fonctionne pas et il faut appeler par téléphone un correspondant, qui ne parle ni français ni anglais. On finit tout de même par y arriver. Balade en front de mer de Castellon.

Mardi 16 mai – Castillon (balade en voiture)

Pour la première étape, nous avons mis le cap de la voiture de location sur la ville de Tortosa, située sur le fleuve Ebre. Mais après avoir tourné et retourné dans le centre, à la recherche d’une place libre ou d’un parking non complet, nous avons fini par renoncer et passer notre chemin. Non sans avoir aperçu quelques particularités de la ville, notamment son beau pont sur l’Ebre et ses grandes halles. 
Dans le delta de l’Ebre, nous nous sommes cassés le nez sur plusieurs restaurants fermés, avant d’en trouver un dans le camping de Els Eucaliptus. La morue à l’aïoli était un peu surprenante mais très bonne, avec sa mayonnaise montée en chantilly.  
Nous avons continué notre route au milieu des rizières et avons poussé jusqu’à La Casa de Fusta. Dans la lagune, nous avons enfin pu apercevoir des flamands roses (qui en fait étaient blancs). Nous avons été très impressionnés par l’immensité des rizières reparties en une infinie quantité de champs bordés de petits talus et avec un système d’irrigation par canaux de toutes tailles, qui semble très efficace. Les cultures étaient à des stades différents de croissance avec donc des tonalités de vert très variées. La moindre petite parcelle de terre est ici cultivée en rizière. Le tour du delta, est planté de fruitiers, qui font place ensuite aux collines couvertes de garrigue.
Au retour nous avons fait escale à Peniscola, dont nous avions admiré le château, en passant devant en bateau.  Nous avons négligé le front d’immeubles hideux, qui s’étend sur la côte au nord de la ville ancienne, pour nous diriger vers le château fort qui surplombe la mer. Il a hébergé les templiers et le pape Benoit XIII. Il est perché en haut d’un éperon rocheux, auquel est adossée une jolie petite ville blanche aux ruelles étroites et pentues pavées de petits galets luisants, rangés en dessins géométriques. Nous avons ensuite regagné Heolia à Castellon.

Mercredi 17 mai – Castellon de la Plana
Nous avons pris la voiture pour visiter le centre ville de Castellon, qui se trouve à une bonne dizaine de kilomètres du port, à l’intérieur des terres. Nous sommes allés arpenter le parc Ribalta. Nous y avons trouvé de grands et vieux arbres d’essences variées et des sous-bois fleuris, ainsi que des bancs recouverts de carreaux décorés. Sur le côté, les arènes pour les corridas, dans les allées quelques statues. Google Maps a ensuite détourné notre demande de visite de la Cathédrale, pour nous emmener à la basilique du Lledo, qui se trouve bizarrement à l’extérieur de la ville. L’accès intérieur était fermé. Tant pis pour la Cathédrale.

Jeudi 18 Mai – Castellon (visite de Valencia en voiture)
Départ le matin pour Valencia, la 3e plus grande ville espagnole. Encore des bâtiments industriels le long du parcours, dont la fabrique Porcelenosa. L’autoroute (gratuite) est bordé par endroits de longues haies de lauriers roses en fleurs. 
Arrivés à Valence, nous nous sommes garés dans un grand parking, sous l’Umbracle. De là, nous avons marché tout autour des bâtiments futuristes de Santiago Calatrava: du Palais des Arts, » l’Hemisferic » dit l’oeil, qui abrite notamment un cinéma et le Musée des Sciences à l’architecture entrelacée spectaculaire, tous entourés de bassins vert d’eau et longés par la voie verte qui parcourt la ville d’un bout à l’autre. Des gens faisaient du paddle électrique, du pédalo gonflable ou du canot sur le plus profond des plans d’eau.
Puis nous sommes allés dans la vieille ville. Nous avons mangé la paella valenciana et ensuite nous avons déambulé de la Plaza del Ayuntamiento (la mairie), à la cathédrale, place de la Reine et jusqu’à la Loge de la soie (Llotja de la Seda) pour voir les monuments anciens les plus emblématiques de la ville. Les rues commerçantes étaient très animées et le français s’entendait un peu partout. 
Enfin, retour de la voiture de location à Castellon et retour au bateau par le tram local.

Vendredi 19 mai – Castellon / Valencia (marina)
Une bonne houle et une forte odeur de gaz nous attendait dès notre sortie du port de Castellon. Nous avons suivi la côte et son alternance de villes et d’installations industrielles, sur fond de collines couvertes de garrigue. Puis Valence est apparue très étendue dans une vaste plaine. Une régate était en cours et un vieux gréement nous a croisés à l’entrée du port de plaisance.
Nous nous sommes amarrés au ponton d’accueil de la marina dans un premier temps, pour faire les papiers. Puis on nous a guidé jusqu’à un autre ponton ensuite. Organisation très professionnelle. La marina est assez grande, avec un coin pour les bateaux « normaux » comme nous et après un bout de canal, un bassin pour les « gros »,  près du centre ville.
Découverte du port, avec la plage adjacente et les rues contiguës. Une scène était installée en plein air, à une centaine de mètres, sur le quai opposé de la marina. Musique de boîte de nuit toute la soirée.

Samedi 20 mai – Valencia (marina)
J’ai pris le bus pour me rendre à la vieille ville et j’ai cherché les points incontournables restant à visiter, d’après le guide. Le premier était le Bario Del Carmen, au nord. J’ai donc traversé la vieille ville en faisant quelques photos en cours de route (les arènes, l’ancienne gare….). Puis j’ai zigzagué dans le quartier Del Carmen, (immeubles colorés, avec des balcons en fer forgés, des restaurants de rue, etc.).
Le point suivant était le « jardin Turia », en fait la longue coulée verte, qui traverse Valence, en suivant le lit du Rio Turia. Je l’ai rejoint au nord-est de la ville ancienne et l’ai suivi jusqu’au bâtiment océanographique, à son extrémité proche de la mer. C’est un lieu superbe et exceptionnel. Hélas la végétation a très soif. Une seule lance à eau arrosait en permanence, le….. gazon artificiel d’un complexe sportif. Bizarre, bizarre! Mais elle faisait le bonheur d’une troupe de gamins. Puis j’ai rejoint le port et longé les quais pour rentrer au bateau et soulager mes ampoules.

Dimanche 21 mai – Valencia (marina)
Emile et moi avons emprunté la promenade du front de mer, qui jouxte une plage immense, par sa longueur ainsi que par sa largeur. Des surfeurs profitaient des belles vagues et quelques baigneurs commençaient à se jeter à l’eau. Ensuite, nous avons longé les quais pour atteindre les commerces et faire quelques courses, avant de rentrer par le port.

Semaine du 8 au 14 mai 2023

Lundi 8 mai – Barcelone / Vilanova i La Geltrù
A neuf heures, nos visiteurs sont partis, chargés comme des bourricots, prendre un taxi puis le train pour Paris.
Emile et moi avons quitté le port de plaisance, retrouvé la houle, dépassé le port pétrolier, ses réservoirs, ses grues et les tankers en attente de chargement/déchargement, à l’ancre au large du port. 
Nous avons aperçu, à quai, le bateau blanc et rouge OPEN ARMS de l’ONG catalane éponyme, qui porte secours aux migrants en Méditerranée, notamment avec le concours de l’association Pilotes Volontaires, qu’Emile soutient, via sa fondation THETYS.
Après les ports nous avons longé l’aéroport d’où décollaient un avion toutes trois minutes environ. La côte plate et urbanisée a fait place à des collines desséchées, creusées de carrières ou hérissées d’installations industrielles. Le vent est resté frais.
En début d’après-midi nous sommes entrés au port de Vilanova etc. Emile avait sélectionné un petit port recommandé par les guides, mais sa profondeur ne permettait pas qu’on y entre sans risque. La marina de Vilanova avait l’avantage de disposer d’un lave-linge et d’un séchoir, en plus d’une place à la taille d’Heolia. Lessive donc et rangement pour la fin d’après-midi.

Mardi 9 mai – Vilanova
Journée pause dans le port de Vilanova.

Mercredi 10 mai – Vilanova / Tarragone
Dès la sortie du port nous essuyé des rafales de vent très variables en intensité et direction. La mer était formée et la navigation pas très agréable. Nous nous sommes arrêtés dans le grand port de Tarragone que nous avions prévu d’éviter. Merci aux propulseurs qui ont grandement facilité l’amarrage un peu sportif par vent fort de travers. Le vent a continué de souffler toute la journée et une bonne partie de la nuit. 
A la recherche d’un support pour canne à pêche pour l’antenne Starlink, nous avons parcouru les quais de notre marina, puis ceux du port voisin, où se trouvent les yachts des milliardaires. Très impressionnants…. Emile a bidouillé un dispositif pour fixer l’antenne satellite sur le balcon arrière. Plus besoin de la sortir et la rentrer chaque jour. Elle va rester à poste et nous avons le wifi haut débit en permanence à bord… youpi!

Jeudi 11 mai – Tarragone
Journée au port de Tarragone, entre deux quasi-épaves, tout au bout d’un quai désert… la zone. Nous avons pris le petit train touristique pour faire le tour de la ville. Nous sommes descendus dans la vieille ville pour parcourir à pied les ruelles et voir les bâtiments historiques les plus importants. Puis nous sommes redescendus à pied jusqu’au port. 

Vendredi 12 mai – Tarragone / Sant Carles de la Rapita
Navigation de plus de 50 miles, au cours de laquelle nous nous sommes faits secouer par houle et vagues désordonnées, jusqu’à Sant Carles de la Rapita. Une longue navigation pour passer notamment le delta de l’Ebre et ses marécages étendus, un peu comme la Camargue. Les flamands roses y résident aussi et le riz y est récolté.
Nous étions bien contents d’arriver à La Rapita vers cinq heures, en même temps qu’une harde de bateaux de pêcheurs et leur suite de mouettes criardes. On nous a fait amarrer au milieu d’un très long ponton, en raison de notre fort tirant d’eau de 2,70 m.
Nous sommes partis en ville à la recherche d’un boulanger et pour détendre nos jambes. Des nuages ont lâché quelques gouttes alors que nous rentrions, qui se sont muées en bonne averse après que nous soyons à l’abri. Alors que nous dinions dans le carré et qu’il faisait encore jour, un énorme éclair nous a surpris, suivi d’un fort coup de tonnerre. Les éclairs et coups de tonnerre se sont enchaînés ensuite pendant toute la soirée. Le bateau a été bien rincé, il en avait besoin après les embruns de la navigation.

Samedi 13 mai – La Rapita
Journée au long ponton de la belle marina Sant Carles de la Rapita. Grands espaces avec arbres et buissons taillés, gazon vert et tondu court (une exception), bâtiments modernes blancs et propres, cafétéria au-dessus de l’eau et piscine à débordement en font un lieu de choix.
L’espace ne manque pas tout au long du bord de mer de La Rapita non plus. D’immenses esplanades boisées longent les ports et la plage. Les averses menaçantes et le vent n’incitaient pourtant pas aux bains et la plage était déserte. A l’intérieur de la ville on retrouve des petites rues étroites autour de la traditionnelle rambla menant à la mer. Une escale bien agréable.

Dimanche 14 mai – La Rapita  / Castellon de la Plana

Nous quittons le delta de l’Ebre en nous promettant d’y revenir, car cette région nous semble bien particulière. Une petite Camargue en quelque sorte, très différente de ce que nous avons pu voir de l’Espagne jusqu’ici.
Traversée sans histoire (voile + moteur) de la Rapita à Castellon de la Plana, qui possède un grand port de commerce et une petite marina nichée au fond. Capitainerie, marineros et pontons étaient très occupés avec une régate. On nous a fait amarrer sur un ponton assez exposé aux vagues et un peu isolé à l’entrée de la marina. Une fois installés nous avons fait un tour dans la ville toute proche. Le front de mer est très chouette avec ici aussi de grandes esplanades, des bassins, un peu de verdure (moins qu’à La Rapita) et un casino (mais pas pour nous, merci). 

Semaine du 1er au 7 mai 2023

Lundi 1er mai – Arenys de Mar / Barcelone (Port Olympic)
Pluie abondante la nuit et averses en cours de route. Emile avait envoyé une demande au port Olympic de Barcelone pour une nuit. Mais en nous présentant à l’entrée du port, nous ne savions toujours pas si nous pourrions y rester. En définitive, deux marineros en zodiac nous ont guidés jusqu’à un emplacement vide le long d’un quai en travaux. L’un d’eux a dû utiliser une épuisette pour pêcher les déchets flottants avant de pouvoir saisir la pendille. Puis il me l’a passée et arrivée à la proue, elle était emmêlée avec une autre et il a fallu que le second vienne en zodiac, aider à démêler les noeuds. Même chose pour l’autre côté.
Gwendal, Arielle et les enfants sont arrivés peu après. Ils étaient déjà au port et nous avaient vu y entrer. Ils se sont installés dans leurs deux cabines et nous avons déjeuné dans le cockpit. Après déjeuner nous sommes sortis du port, avons dégusté des glaces et sommes descendus sur la plage. Gwendal avait pris maillots de bain, serviettes et combinaisons. Mais à la vue des morceaux de plastique qui flottaient dans l’eau, il a décidé qu’ils attendraient une eau plus claire pour la baignade. Ariel nous a quittés pour rentrer sur Paris en avion et nous avons diné, puis regardé un film grâce à la nouvelle antenne satellite Starlink d’Emile.

Mardi 2 mai – Barcelone / Arenys de Mar
Nous avons quitté avec plaisir le port Olympic de Barcelone, car les ouvriers étaient arrivés et commençaient à faire du bruit et de la poussière. Nous avons mis le cap au nord et parcouru à l’envers la route que nous avions faite Emile et moi, jusqu’à Arenys de Mar. Le soleil est revenu mais toujours avec une certaine fraîcheur (17°C le matin dans le carré). Gwendal et les enfants ont sorti le matériel de pêche, sans succès. Nous avons jeté l’ancre près de la côte, en vue du port d’arenas et nos visiteurs ont enfilé maillots de bain et combinaisons. Gwendal a plongé le premier, puis les enfants et ils ont fini par des saltos avant. Après le déjeuner, nous sommes entrés au port, à l’abri de la houle.
Gwendal a acheté des asticots pour pêcher et les enfants ont pêché du ponton. Naïg a attrapé un petit poisson de 5-6 cm de long et l’a mis dans le seau. Elle a décidé que c’était une fille et l’a baptisée Sirène. Un marinero est venu dire que la pêche était interdite dans le port. Le soir  « Sirène » a retrouvé sa liberté.

Mercredi 3 mai – Arenys de Mar / Blanes
Cap sur Blanes, où nous avions déjà fait escale. Car la côte plus au nord est plus attractive et nous y avions prévu un RV avec le catamaran EastWest et son équipage.  Les marineros nous ont reconnus et nous ont donné la même place que la dernière fois. La ville était bien animée avec ses commerces ouverts. Mael et Naïg ont improvisé une chorégraphie sur le ponton pendant que Gwendal bossait dans sa cabine.
EastWest est arrivé en soirée et nous avons invité son équipage à prendre l’apéro à bord d’Heolia. Romain et Gwendal ont discuté tour du monde et catamarans. Les enfants ont joué dans la cabine skipper. Puis nous avons fait visiter le Moody, avant de nous rendre sur le catamaran. Romain et Lien nous ont fait faire le tour de leur très spacieux et très bien agencé Outremer: Immense cockpit, carré avec grand coin cuisine, deux cabines pour les parents d’un côté et deux de l’autre, pour les filles ainsi qu’une buanderie avec lave-linge (incontournable avec 3 petits). Les enfants ont fait une bonne partie de trampoline sur le filet avant, puis nous avons regagné Heolia. EastWest attend le bon moment pour partir aux Baléares. Nous leur souhaitons bon vent!

Jeudi 4 mai – Blanes / Sant Feliu de Guixols
En quittant Blanes, le vent était assez fort et la mer un peu formée. Nous avons pu faire route à la voile, jusqu’à une petite crique au nord du port Sant Feliu de Guixols. Nous avons jeté l’ancre dans un coin relativement abrité de la baie. Le vent souffrait fort en rafales. Gwendal avait installé les deux petites canes à pêche à l’arrière du bateau et il a pris un poisson plat ressemblant à une petite sole. Il a sorti le paddle et l’a gonflé. Puis tous les trois vêtus de leurs combinaisons, sont partis à la pagaie en exploration. Au retour les enfants ont fait une séance de sauts et plongeons de l’arrière du bateau. Comme le vent soufflait encore assez fort, Emile a préféré qu’on se rende au port voisin de Sant Feliu de Guixols, pour la nuit. Nous avons cuit le poisson et chacun a pu y goûter, en complément du riz au chorizo.

Vendredi 5 mai – Sant Feliu de Guixos / L’Escala
Nous avons continué notre route vers le nord à la recherche d’une « cala » sympathique où jeter l’ancre. En cours de route nous avons vu à plusieurs reprise l’aileron noir et arrondi de poissons lune.
Nous nous sommes arrêté à la Cala de San Tuna, avec son joli village et sa petite plage. Le vent était fort et l’abri assez petit. Mais deux autres voiliers sont tout de même passés à côté de nous, pour jeter l’ancre plus près du fond, grâce à leur tirant d’eau plus faible. Nous avons espéré que le vent se calmerait dans l’après-midi. Mais les sautes de vent ont continué et l’ancre a dérapé, nous rapprochant des rochers. Nous avons levé le camp et avons essayé une autre petite baie à proximité. Mais un haut fond occupait son centre et le vent y était aussi violent. Nous avons donc décidé de nous abriter dans le prochain port offrant la profondeur d’eau adéquate: L’Escala (où nous nous étions arrêtés en arrivant en Espagne). Gwendal et ses enfants sont partis se baigner à la plage. J’ai marché jusqu’au parc qui porte les séquelles de dernière guerre. Le panorama y est spectaculaire, avec les Pyrénées en toile de fond.

Samedi 6 mai – L’Escala / Arenys de Mar
Comme nous étions remontés plus au nord que prévu, nous avons levé le camp de bonne heure, car il ne restait que deux jours pour regagner Barcelone Gwendal et les enfant prennent le train lundi matin tôt. La brume du départ s’est levée en milieu de matinée. En cours de route,  EastWest, nous a d’informés qu’ils feraient escale à Arenys de Mar, avec Ptipoa un autre catamaran de leurs amis. C’était une option envisagée, nous l’avons donc choisie. Nous avons rattrapé EastWest peu de temps avant d’entrer au port et nous avons fait quelques photos de lui sous voiles.
Baignade à la plage voisine pour Gwendal et les enfants et courses pour Emile et moi. Puis nous avons été invités à un apéro à bord du Lagoon 45 « Ptipoa » et nous avons fait la connaissance d’Aurelie et Jo et de leurs deux jeunes enfants. Les garçons sont partis jouer au foot sur l’esplanade de la marina et les cinq filles ont joué dans la cabine de Luna. Nous, les adultes, avons pu partager nos expériences et aspirations de navigations. Tous les jeunes sont ensuite partis manger des tapas à proximité.

Dimanche 7 mai – Arenys de Mar / Barcelone (Marina Cela)
L’équipage du « Ptipoa » est venu nous dire au revoir et en a profité pour visiter le bateau, puis ils nous ont fait des signes d’au-revoir depuis le ponton. Nous sommes vite arrivés en face de Barcelone, qui est très étalée le long de la côte. Nous allions presque jusqu’au bout, à la marina Vela, au pied du grand immeuble « W », emblématique de la ville. L’autre bâtiment incontournable étant la Sagra Familia toujours en construction, en centre ville.
Nous avons croisé plusieurs régates et avons dû slalomer par moments au milieu des voiliers. Une bonne houle nous a secoués aux abords du port. Les marineros ont fait le service minimum, malgré le tarif exorbitant du port. Nous avons déjeuné à bord, puis Gwendal a emmené les enfants à la piscine proche. Le soir Gwendal nous a invités au restaurant. Il avait réservé juste au-dessus du port, mais le tintamarre de musique et brouhaha d’une fête nous ont repoussés.
Nous avons opté pour le restaurant « Fire » de la tour « W ».

Semaine du 24 au 30 avril 2023

Lundi 24 avril – La Escala / Blanes
Le début de notre parcours a été enchanteur, avec le soleil qui illuminait les falaises rouges et ocre au fur et à mesure de notre progression. Mais ensuite il s’est caché pour de bon derrière les nuages et le reste de la navigation s’est faite dans un paysage plus terne. Autant les collines de la veille étaient sèches et dénudées, autant le relief est devenu verdoyant, couvert de forêts de pins. Les falaises abruptes ont laissé place à un relief plus doux hérissé de villas et entrecoupé de plages bordées de barres d’immeubles inesthétiques. A plusieurs reprises, nous avons vu des bancs de poissons agiter l’eau en surface et attirer mouettes et goélands. 
Puis nous sommes entrés dans le port de Blanes, protégé par une double digue de béton. Trois marineros ont attrapé nos amarres sur un ponton avec catway. L’un d’entre eux est venu ensuite nettoyer sommairement au jet d’eau les fientes qui maculaient le catway. Puis les bateaux de pêche sont rentrés les uns après les autres, suivis de leurs cohorte d’oiseaux bruyants.
Nous avons fait une courte marche dans la ville, plutôt morte, avec tous les magasins fermés le lundi.

Mardi 25 avril – Blanes / Arenys de Mar
Nous avons fait une assez courte navigation le long d’un côte en grande partie plate et bétonnée, jusqu’à Arenys de Mar (potentiel port d’hivernage). Le port est protégé du nord par la falaise. Inconvénient, entre la ville et le port passent une route et la voie ferrée. Cette voie ferrée suit tout le littoral et durant notre navigation nous avons vu passer plusieurs trains.
Nous avons cherché le supermarché le plus proche pour ravitailler principalement en bouteilles d’eau, Nous avons trouvé une supérette tenue par un pakistanais. Il a dit pouvoir nous livrer au bateau. Nous avons rempli un chariot. Une fois l’addition payée, il a réveillé son frère, et il est sorti dans la ruelle en poussant notre caddie. Nous avons demandé où étais sa voiture. Réponse à Barcelone avec son cousin….. mais il a ajouté qu’il allait mener le caddie jusqu’au bateau. Sauf qu’entre la ville et le port, passe la voie ferrée et pour la franchir, il y a un souterrain avec des marches avant et après…. Pour descendre, le gars s’est placé devant le chariot et Emile et moi de part et d’autre pour le retenir. Ca s’est passé pas trop mal. Mais pour remonter de l’autre côté, il s’est mis devant pour tirer et nous sur les côtés. Hélas, dès qu’il a tiré le chariot vers le haut, le fond mobile pour l’empilage des caddies s’est ouvert vers l’arrière et tout le contenu s’est brutalement répandu par terre dans un grand fracas amplifié par le tunnel. Par miracle, aucune bouteille ni bocal ne s’est brisé. Nous avons tout ramassé et monté chacun notre part de courses jusqu’en haut des marches. Ensuite c’était plat jusqu’au bateau et le transfert à l’intérieur s’est fait sans autre catastrophe. Le gars a laissé son téléphone à Emile pour d’éventuelles autres emplettes. Pas folle la guêpe.
Nous sommes retournés plus tard faire le tour de LA rue principale de la bourgade. Elle était assez animée, bien que certains magasin soient fermés le mardi ici. Nous sommes rentrés en longeant la plage quasi-déserte en ce moment.

Mercredi 26 avril – Arenys de Mar
Journée au port. La marina est plutôt déserte à part pour les bateaux vides, basés là et le peu de personnes qui viennent dans les restaurants qui la bordent. On voit juste les gars du port passer à trottinette sur notre ponton de temps en temps, pour faire leur ronde. Et bien sûr le va et vient des bateaux de pêcheurs sur le quai opposé du port.
Nous avions décidé de visiter le marché pour nous approvisionner en fruits et légumes. Mais peu d’étals étaient occupés et peu de gens venus y faire leurs emplettes. En plus les prix n’étaient pas indiqués. Nous sommes retournés au magasin primeur bio vu à l’aller et avons acheté poires, bananes, asperges, endives, betteraves et fraises le tout pour 14€. Les prix sont très bas comparés à ceux de la Côte d’Azur. Hélas, une vague de chaleur sévit en ce moment en Andalousie, les récoltes risquent fort d’en pâtir.

Vendredi 28 avril – Arenys de Mar (visite à Barcelone)
Le matin nous prenons le train pour nous rendre à Barcelone, en un peu moins d’une heure. Nous y retrouvons Gwendal, Mael et Naïg, qui y ont un AIRBnB. Nous déjeunons ensemble, puis ils partent jouer au ballon, tandis qu’Emile et moi descendons La Rambla jusqu’au port Vell. Nous y étions en 2015 avec Heeren, mais maintenant ils n’acceptent plus les bateau au-dessous de 18 mètres de long. Nous les snoberons donc pour aller au port olympique lundi prochain. Nous continuons la balade jusqu’à la plage, puis rentrons en bus et train à Arenys de Mar.

Samedi 29 et dimanche 30 avril – Arenys de Mar
Avitaillement et préparation du bateau pour la réception de nos invités.

Semaine du 17 au 23 avril 2023

Lundi 17/4 – Le Lavandou / La Ciotat
Après avoir dépassé les îles du Levant, nous avons retrouvé la pleine mer et une bonne houle venant du large.
Lorsque nous approchons de La Ciotat, la capitainerie nous indique que nous devrons nous amarrer devant un grand voilier en alu, sans plus de précisions… Surprise, quand nous nous en approchons, Emile se rend compte que c’est le bateau de Mike Horn, le Pangaea, quelle coïncidence! En effet, lors du périple nordique d’Emile en 2002, à son arrivée à Tromsö, tout au nord de la Norvège  (70° Nord) quelle ne fut pas sa surprise d’entendre en bon français : « vous voulez que je vous aide pour les amarres ? » C’était Mike Horn …. qui préparait son tour du globe, le long du cercle polaire arctique (avec un autre bateau en alu, plus petit…)! Récemment Emile a vu à la télé un reportage d’ Hugo Clément « Sur le front » où le Pangaea était skippé par le navigateur Bernard Stam de Saint Pabu, dans le but de récupérer dans les glaces Mike Horn et son copain norvégien, épuisés tous les deux, après leur exploit de marche avec traineau au Pole Nord…
Pangaea est maintenant à La Ciotat pour des réparations, remplacement du gréement notamment, mais pas de Mike Horn à bord, dommage, on lui aurait bien offert un café!

Mardi 18 avril – La Ciotat / Sète

A notre départ de La Ciotat, le soleil s’apprêtait à se lever, peignant de rouge le Bec de l’Aigle, que nous avons contourné. C’était magnifique. Une fois rendus de l’autre côté, nous avons retrouvé la pleine mer, qui était bien plate et nous nous sommes lancés dans la longue traversée jusqu’à Sete, pour éviter le delta du Rhône. Nous avons laissé Marseille dans sa brume lointaine, puis les marécages de la Camargue. Devant nous la mer fermait l’horizon d’un trait rectiligne. Nous avons progressé pendant des heures, avant de distinguer une petite colline dans le lointain. 
Mais même si loin des côtes, nous avons eu la surprise de voir un bateau de pêcheurs converger vers nous depuis notre bâbord gauche, à douze noeuds, imperturbable. Nos deux routes se croisaient exactement au même point…. de collision. J’ai regardé avec les jumelles et vu qu’il n’y avait personne dans le poste de pilotage. Emile a sauté sur les gaz et la roue pour faire une manoeuvre d’évitement et le bateau est passé juste devant nous, trainant son chalut.  Nous avons vu que les deux marins étaient à l’arrière à s’occuper du filet. Effectivement, personne ne pouvait voir où les menait leur trajectoire. Nous avons attendu la fin du passage du chalut devant notre proue, avec sa cohorte de mouettes suiveuses et nous avons repris notre route, avec un soupir de soulagement. Aucun autre bâtiment n’a fait mine de nous éperonner ensuite.
Nous sommes arrivés à Sète juste après dix-huit heures et la capitainerie était fermée. Mais nous connaissions l’emplacement qui nous était réservé et nous nous y sommes glissés sans problème, avec l’aide du couple du voilier voisin pour attraper les amarres. Petite balade sur la grande digue, écourtée en raison de la fraîcheur après le coucher du soleil.

Mercredi 19 avril – Sète

Journée pause à Sète. Visite au marché aux fleurs, au marché couvert, resto « Du Côté de chez Fred » et balade sur la promenade et la colline de la ville.

Jeudi 20 avril – Sète / Port Vendres
Comme pour la navigation précédente, nous avons coupé par la voie directe, sans suivre la côte qui s’est perdue dans le lointain. Nous avons rencontré une zone de brume assez étendue. Nous avons allumé tous les feux de navigation et mis le radar en route. Mais il y avait nettement moins de circulation dans la zone que la veille. Quand la nappe de brume a été dépassée, nous avons aperçu la ligne découpée des Pyrénées devant nous. Nous sommes passés devant la ville de Collioure et sommes entrés un peu plus loin dans le Port Vendres, où on nous a fait amarrer le long du quai. Un catamaran Outremer 51 tout neuf est venu s’amarrer derrière nous ensuite (un jeune couple avec trois très jeunes fillettes, en partance pour un tour du monde).

Vendredi 21 avril – Port Vendres (Collioure)
Nous avons pris le petit train touristique pour relier Collioure. Le temps d’un tour dans la vieille ville, d’un bon restaurant et le vent allié à une température fraiche nous ont poussés à retourner au bateau. Nous avons terminé la boucle avec le petit train, par les collines et leurs beaux points de vue. Le coup de vent prévu par la météo est arrivé dans la nuit, avec ses rafales furieuses qui soulevaient le côté bâbord du bateau, nous poussant contre le quai.

Samedi 22 avril – Port Vendres
Le matin un énorme voilier de croisière s’amarre au quai opposé du port, poussé par un remorqueur. Journée farniente pour nous (lessive tout de même au lavomatic). Pas d’eau disponible sur le quai, restrictions sècheresse obligent. Les Pyrénées orientales sont l’un des départements les plus touchés en France.

Dimanche 23 avril – Port Vendres / La Escala (Espagne)
Nous avons quitté Port Vendres de bonne heure. L’équipage du EastWest nous a fait de grands signes d’au-revoir. Nous sommes passés devant un gros cargo arrivé dans la nuit, chargé de bananes. Puis nous avons progressé vers l’Espagne et passé la zone frontière. J’ai accroché le pavillon de courtoisie espagnol, comme il se doit. Nous avons dépassé Cadaques et son musée Salvadore Dali, Rosas, les collines et falaises arides. 
Nous avons atteint notre port de destination: l’Escala. Le port se trouve à l’extrémité de la ville (45 mn à pied). Deux marineros en voiturette électrique sont venus nous indiquer notre place et attraper les amarres. Ils ont même attaché la pendille. Puis ils ont emmené Emile dans leur véhicule jusqu’à la capitainerie et l’ont raccompagné. Service impeccable! Le propriétaire du voilier voisin a discuté avec nous, un français qui possède une résidence secondaire dans cette ville.
Nous sommes allés faire un tour à pied. Quasiment tous les gens que nous avons croisés parlaient français. Lieu de prédilection pour eux, semble-t-il. Pourtant la ville n’a rien de très esthétique (vue du port du moins). 
Un gros nuage très noir s’amassait sur les Pyrénées et s’étalait à vitesse grand V dans notre direction. Nous sommes rentrés en vitesse. Heureusement, car des éclairs, pluie et grêlons n’ont pas tardé a tomber sur le bateau. Quand l’orage s’est décalé, nous avons rempli le réservoir d’eau, puisqu’ici il n’y a pas de restrictions, pour le moment. Mais pas question de la boire, d’après plusieurs sources locales.

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